Fusillade à Grasse: Le suspect et son complice présumé mis en examen

FAITS DIVERS Ils ont été mis en examen, notamment pour «tentatives d'homicide» et incarcérés...

20 Minutes avec AFP

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Des élèves dans des couvertures de survie devant le lycée Tocqueville à Grasse.

Des élèves dans des couvertures de survie devant le lycée Tocqueville à Grasse. — Philippe Farjon/AP/SIPA

Il voulait tuer une dizaine de camarades qu'il ne supportait plus: Killian, l'adolescent qui a fait cinq blessés en ouvrant le feu jeudi dans son lycée de Grasse, a été mis en examen ce samedi et placé en détention.

Le lycéen a agi pour «mettre un terme aux mauvaises relations qu'il entretenait avec certains de ses camarades de classe», a déclaré la procureur de Grasse Fabienne Atzori. Il a été mis en examen, notamment pour «tentatives d'homicide» et incarcéré, tout comme l'un de ses amis, complice présumé. Killian «semblait animé à l'égard d'un certain nombre de victimes, dont le chiffre reste à préciser, entre 8, 13 et 14, d'un ressentiment tel qu'il souhaitait s'en prendre à leurs jours», a ajouté la magistrate.

Il a reconnu être l'auteur de la fusillade

Au cours de la fusillade, quatre lycéens ont été blessés par des plombs de fusil à pompe et le proviseur du lycée Tocqueville par une arme de poing de calibre 22. Aucun d'entre eux ne faisaient partie des cibles prédéterminées par le tireur. Huit autres personnes ont été blessés plus légèrement, en prenant la fuite.

En garde à vue, l'adolescent de 16 ans, dont un expert psychiatre a conclu à l'absence de trouble mentaux, a reconnu être l'auteur de la fusillade. Il a expliqué avoir préparé son acte depuis plusieurs semaines. Il n'a pas pénétré dans le lycée par l'entrée, et avait caché ses armes dans deux sacs, le fusil, trop grand, était dissimulé sous un tissu.

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Killian voulait s'en prendre à chacun de ses camarades, plusieurs garçons et quelques filles, pour des motifs «très variés», allant de «problèmes de comportement» à «des remarques qui auraient pu être formulées à son égard sur les réseaux sociaux», selon la magistrate. «Il se défend de toute idée d'avoir voulu cibler quelqu'un en fonction de son origine ou de son orientation sexuelle».

C'est avec un arsenal que Kilian comptait arriver à ses fins : fusil à pompe, pistolet à grenaille, revolver 22 long rifle, grenade d'exercice et grenade factice, et de l'explosif artisanal ont été retrouvés sur lui. Apparemment fasciné par la violence, ce fils d'un élu municipal de droite, avait pris le fusil de ses parents et le revolver chez son grand-père.

Complice présumé

Sur des comptes Facebook, Twitter et YouTube correspondant à son nom figurent de nombreuses photos et vidéos morbides, dont des images de la tuerie de Columbine, qui avait fait 15 morts, dont ses deux auteurs, dans un lycée américain en 1999. «La différence», c'est que les auteurs de ce genre de tueries «se suicident», alors que Kilian s'est rendu sans résistance, a pointé la magistrate. «Il assume complètement son geste. Il s'explique de façon tout à fait claire», a relaté le chef de la PJ niçoise, le commissaire Philippe Frizon. «On a pratiquement l'impression que, par moments, il est pratiquement déçu de ne pas être arrivé complètement à son projet», a-t-il ajouté.

Son complice présumé de 17 ans, dont le rôle n'a pas été détaillé, a gardé le silence devant les policiers. Non-scolarisé, il avait récemment été signalé par ses parents à la justice des enfants pour avoir écrit une lettre à un Américain détenu dans l'Ohio pour trois meurtres commis dans un lycée. Son frère jumeau, qui avait également été placé en garde à vue, a été mis hors de cause.

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