En 2016, 1.565 mineurs ont été pris en charge par le département des Alpes-Maritimes.
En 2016, 1.565 mineurs ont été pris en charge par le département des Alpes-Maritimes. - M. Frénois / ANP / 20 Minutes

Issa regarde d’un œil ses camarades occupés à une partie de Uno. Ce Malien de 17 ans est arrivé dans le foyer « Villa Victor-Robini » en août 2015. « Ici, on m’aide à faire mes démarches administratives pour les papiers et à suivre une alternance dans une charcuterie », dit-il.

Comme Issa, treize autres jeunes, dont huit étrangers, sont pris en charge dans cet établissement de l’aide sociale à l’enfance de Nice. Mardi, Eric Ciotti, président du département des Alpes-Maritimes qui gère le foyer, leur a rendu visite.

« Contre-vérités »

Face aux attaques accusant la collectivité de ne pas prendre suffisamment ses responsabilités, l’élu a souhaité rétablir l’image et l’honneur de ses services. « Il y a beaucoup de contrevérités à caractère diffamatoire qui ont été prononcées, estime Eric Ciotti qui pointe des militants et nommément Cédric Herrou. Nous assumons nos responsabilités. »

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C’est que la loi exige aux départements de prendre en charge les mineurs étrangers non accompagnés, dès lors qu’un juge pour enfants a déterminé ce statut. Ainsi, les Alpes-Maritimes ont accueilli 1.565 enfants en 2016 dans 29 lieux. Parmi eux, 15 % étaient étrangers, ils étaient trois fois moins en 2012.

« Le département fait son maximum. Mais la difficulté, c’est le manque de place. Là, on est au maximum de l’hébergement, au-delà, ce ne serait plus de la protection », estime la chef de service du foyer niçois Marie-Noël Daguisé. Cet accueil coûte onze millions d’euros par an à la collectivité. « Nous sommes en situation de tension. Ces augmentations se font au détriment de missions traditionnelles de l’aide sociale à l’enfance », dit Eric Ciotti qui demande un engagement plus fort de l’Etat dans ces « questions migratoires ».

Chez Herrou, « une filière organisée »

Alors qu’Eric Ciotti visitait le foyer, 25 mineurs ont été recueillis par l’aide sociale à l’enfance. Ils étaient hébergés par Cédric Herrou, la figure de l’aide aux migrants dans la Roya, condamné début février.

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« Quand on héberge plus d’une centaine de mineurs, il s’agit d’une filière organisée, pointe Eric Ciotti. Cette situation relève de l’exploitation d’une forme de détresse. Il faut combattre les passeurs qui prospèrent sur la misère humaine. »

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