Cédric Herrou, mercredi au palais de justice de Nice
Cédric Herrou, mercredi au palais de justice de Nice - F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

Il y aura un second procès. Après la condamnation de Cédric Herrou à une amende avec sursis, le parquet de Nice a décidé d’interjeter appel, a annoncé ce jeudi à 20 Minutes le procureur de la République Jean-Michel Prêtre. A l’audience, le magistrat avait requis huit mois de prison avec sursis contre l’agriculteur de la vallée de la Roya, poursuivi pour aide aux migrants.

Partiellement relaxé

Le 10 février, Cédric Herrou était condamné à une amende de 3.000 € avec sursis pour avoir transporté des personnes en situation irrégulière depuis l’Italie vers la France.

Le tribunal correctionnel de Nice l’avait par ailleurs relaxé pour d’autres faits concernant l’occupation illégale d’une ancienne colonie de vacances désaffectée de la SNCF où une soixantaine d’Erythréens avaient été accueillis en octobre 2016.

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Un appel déjà dans un autre dossier

Début janvier, le parquet de Nice avait déjà fait appel de la relaxe d’un enseignant-chercheur azuréen, également poursuivi pour aide aux migrants. Le tribunal avait estimé que Pierre-Alain Mannoni pouvait bénéficier de l’immunité « humanitaire » accordée par la loi, car il avait agi « pour préserver la dignité et l’intégrité » des personnes.

Le 18 octobre 2016, l’universitaire avait convoyé trois Erythréennes dans son véhicule. Lors de l’audience, le procureur de la République avait requis à son encontre une peine de six mois d’emprisonnement avec sursis.

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« Je n’osais le faire moi-même »

Samedi soir, Cédric Herrou a publié un court message sur sa page Facebook pour « remercier » le parquet d’avoir fait appel : « Je n’osais pas le faire moi-même de peur que vous pensiez que je me serve de la justice comme d’une tribune politique. Je trouve également que la question politique n’était pas assez abordée et que Maître Oloumi et moi même n’avions pas assez insisté sur le fait que mes actions portaient sur l accès aux droits des réfugiés dans les Alpes Maritimes. Département, comme vous le savez, bafoue les droits fondamentaux de ces personnes migrantes », a-t-il écrit.

 

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