Aide aux migrants: Un passeur bénévole français jugé en Italie pour un acte «pas légal, mais légitime»

JUSTICE L’Azuréen Félix Croft, 28 ans, risque jusqu’à 15 ans de prison…

Fabien Binacchi

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Félix Croft et une militante devant le palais de justice d'Imperia

Félix Croft et une militante devant le palais de justice d'Imperia — T. Maffeis

Il a préparé sa défense, « confiant ». Ce jeudi en début d’après-midi, Félix Croft risquera pourtant une peine pouvant aller jusqu’à quinze ans de prison. Cet habitant de Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes) de 28 ans se retrouvera devant un tribunal italien, à Imperia, poursuivi pour aide à l’immigration clandestine.

Et si la peine encourue est si importante c’est que le 22 juillet 2016, lorsque le Franco-Américain était interpellé à Vintimille, il essayait de faire passer en France cinq Soudanais, serrés dans son véhicule. Une circonstance aggravante au vu du droit italien qui décrit là un transport dans des conditions « inhumaines ».

« Pas légal, mais légitime »

La justice transalpine a déjà reconnu le caractère « bénévole » de son action, mais va statuer sur le reste. Une affaire de passeur « humanitaire », à l’image de celle de l’agriculteur Cédric Herrou, déjà jugé en France, qui serait encore inédite de l’autre côté de la frontière.

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« C’était un acte non prémédité, explique Félix Croft à 20 Minutes. Mais si ce n’était pas légal, c’était au moins légitime. » « Très touché et même choqué » par trois semaines passées au camp de Grande Scynthe, près de Dunkerque, le jeune intérimaire s’était, dès le mois de mai, investi dans l’aide aux migrants entre la France et l’Italie. « Juste à côté de chez [lui]. »

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« C’est l’image de la République que je défends »

Il participe à des distributions de nourriture, assiste des familles pour certaines démarches. « La situation est dramatique en Italie. Il fallait faire quelque chose, il fallait mettre ces gens à l’abri », raconte-t-il.

« Je ne le regrette pas. D’ailleurs, je continue et continuerai à œuvrer pour les migrants en France [il est depuis interdit de séjour en Italie]. C’est l’image de la République que je défends. C’est le respect des droits de l’homme. », promet Félix Croft.

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