VIDEO. Nice: Cédric Herrou, un symbole de l'aide aux migrants devant la justice

JUSTICE L'agriculteur de la vallée de la Roya, à la frontière franco-italienne, aurait aidé plus de 200 personnes en situation irrégulière. Il est jugé ce mercredi après-midi...

Fabien Binacchi

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Cédric Herrou, mercredi au palais de justice de Nice

Cédric Herrou, mercredi au palais de justice de Nice — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

Il en accueille tous les jours. Dans les cabanons, les caravanes et les tentes du jardin de sa petite maison, Cédric Herrou, poursuivi par la justice, « soigne » toujours des dizaines de personnes en situation irrégulière.

Des migrants qu’il allait chercher jusqu’en Italie (jusqu’à se faire épingler) mais qui, aujourd’hui, « arrivent juste en bas de chez [lui] », à Breil-sur-Roya, explique à 20 Minutes cet agriculteur de 37 ans.

Le militant, dont l’action a été largement médiatisée doit être jugé ce mercredi à partir de 13h30 par le tribunal correctionnel de Nice. Une audience que ce « héros local pour certains, contrevenant pour d’autres », selon le New York Times, attend « sereinement ».

« Si un procureur s’intéresse à ce que je fais, c’est tant mieux, explique celui qui a fini par devenir un symbole de l’aide aux migrants. Ce procès, j’espère qu’il servira de tribune pour pointer les carences de l’Etat. »

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Il encourt plus de cinq ans de prison

Poursuivi pour avoir installé un camp de fortune dans un bâtiment de la SNCF et pour avoir transporté, depuis Vintimille, 200 migrants selon la justice, Cédric Herrou encourt plus de cinq ans de prison et plus de 30. 000 euros d’amende.

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« Mais quoi ? Il faudrait fermer les yeux et continuer à voir des gamins mourir sur l’autoroute », interroge le trentenaire, pointant « une gestion des mineurs étrangers catastrophique ».

Interpellé une première fois en août 2016 avec huit Erythréens, le membre du collectif Roya citoyenne avait bénéficié d’une immunité « humanitaire ».

Un classement sans suite que le parquet n’a pas renouvelé en octobre, lors d’une seconde arrestation. « La réponse à un péril immédiat est différente d’une aide générique apportée à des gens considérés comme mal accueillis. Il y a une inspiration humanitaire, mais ce ne sont pas des situations particulières », selon le procureur de la République de Nice.

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Jean-Michel Prêtre prendra lui-même les réquisitions dans ce nouveau procès qui devrait encore rassembler de nombreux soutiens.

Un autre prévenu fixé vendredi

Le 23 novembre, lors d’une première audience qui avait mobilisé plus de 200 personnes à l’intérieur et à l’extérieur du palais de justice de Nice, Cédric Herrou avait obtenu le renvoi de son procès.

A l’inverse de Pierre-Alain Mennoni, également poursuivi pour avoir transporté des migrants. A la barre, cet enseignant-chercheur de 45 ans s’était défendu d’un « geste simplement humain ».

Pierre-Alain Mannoni
Pierre-Alain Mannoni - F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

Le procureur de la République avait de son côté requis un « sévère avertissement » et six mois de prison avec sursis à son encontre. Le jugement de cet autre prévenu, mis en délibéré, doit être rendu vendredi.

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