Nice: Un bébé appelé Mohamed Merah, la justice saisie

FAITS DIVERS Alerté par la ville, le parquet a engagé une procédure pour faire modifier l’acte de naissance du petit garçon…

C.D.

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Illustration d'un nourrisson dans une maternité.

Illustration d'un nourrisson dans une maternité. — DIDIER PALLAGES / AFP

Nice compte depuis début novembre un nouvel habitant, un petit garçon prénommé « Mohamed, Nizar Merah ». Un choix de prénom très peu apprécié de la municipalité, pour qui la référence à l’auteur des actes terroristes survenus à Toulouse et Montauban en 2012 est particulièrement malvenue et « susceptible d’être contraire à l’intérêt » de l’enfant.

La ville de Nice a ainsi décidé de saisir le procureur, afin « qu’il prenne les mesures adéquates pour faire modifier cet acte de naissance dont le contenu porte atteinte à notre République. » Le parquet n’a pas tardé à réagir, il a vendredi engagé une procédure pour faire changer le prénom.

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Dans « l’intérêt pur de l’enfant »

« Il est évident, et c’est en tout cas le point de vue du parquet de Nice, que donner un prénom à un enfant qui a déjà le nom d’un terroriste très notoirement connu en France est quelque chose qui peut porter préjudice à l’enfant », a estimé le procureur Jean-Michel Prêtre. « C’est vraiment par rapport à l’intérêt pur de l’enfant, et non par rapport à un contexte, ou une religion ou un radicalisme violent supposé que les choses sont prises en compte », a-t-il ajouté.

Décision dans les prochains jours

Le parquet a ainsi saisi le juge aux affaires familiales, qui devrait rendre une décision dans les prochains jours. « C’est le tribunal qui va décider si oui ou non, il faut retirer le nom de Mohamed de l’état-civil pour cet enfant et si oui ou non, il est nécessaire de lui donner un autre prénom », a expliqué Jean-Michel Prêtre lors d’un point presse.

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«Il est inadmissible de constater de tels agissements »

L’officier d’Etat Civil ne disposant plus du pouvoir d’appréciation de recevabilité du prénom d’un enfant, il revenait au procureur d’éventuellement engager cette procédure.

« Alors que notre ville a été touchée de plein fouet par un attentat cet été et que ses habitants sont encore meurtris, il est inadmissible de constater de tels agissements », avaient alerté, dans un communiqué commun, le président de la région et de la métropole Christian Estrosi (LR) et le 1er adjoint de la ville en charge de la sécurité, Philippe Prada.