VIDEO. La future norme de téléphonie 5G se prépare... Mais au fait, qu'est-ce que c'est?

TECHNOLOGIE A Sophia-Antipolis, Orange va tester ses antennes 5G avant une mise en service dès 2020…

Fabien Binacchi

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Une chambre anéchoïque doit être inaugurée  à Sophia Antipolis par Orange et l'université Côte d'Azur pour tester les futures antennes pour la 5G. (Illustration)

Une chambre anéchoïque doit être inaugurée à Sophia Antipolis par Orange et l'université Côte d'Azur pour tester les futures antennes pour la 5G. (Illustration) — JOSEP LAGO AFP

Une cage coupée du monde pour mieux le connecter dans les années à venir. Ce vendredi après-midi, Orange et l’université Côte d’Azur, par le biais du Centre de recherche mutualisé sur les antennes, vont inaugurer à Sophia Antipolis (Alpes-Maritimes), une chambre anéchoïque – ses parois absorbent les ondes électromagnétiques – « unique en France », annonce l’opérateur.

C’est là qu’il « mesurera la performance » de ses antennes « pour la 5G », la technologie qui remplacera l’actuelle 4G et qui équipera les téléphones mobiles de demain.

La 5G, qu’est-ce que c’est ?

La nouvelle norme proposera « un débit jusqu’à 30 fois supérieur à celui de la 4G », promet Orange. Les données pourront être reçues à une vitesse allant jusqu’à 10 Gb/s et avec une latence (le délai entre l’envoi d’une requête et la réception de l’information) raccourcie de 25 à 5 millisecondes. Autre avantage : en plus de proposer davantage de données à la seconde, la 5G devrait utiliser la même consommation d’énergie que la 4G.

Les évolutions de la 5G, selon B Com
Les évolutions de la 5G, selon B Com - B Com

La future technologie « devrait relier non seulement les smartphones et les tablettes mais aussi des objets connectés aussi variés que des vêtements, de l’électroménager, des voitures, du mobilier urbain ou même des végétaux », prédit également Orange.

Où en est son développement ?

« On n’en est qu’au début, indique-t-on du côté de l’Arcep, l’autorité de régulation des communications électroniques et des postes. Cette technologie n’est pas encore normalisée. Des tests qui nous sont demandés par les opérateurs et les équipementiers sont accordés mais la priorité reste encore le développement de la 4G. » Cette révolution numérique se prépare en tout cas. Dans la technopole azuréenne, mais pas seulement.

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A Rennes, B Com a également obtenu « l’autorisation d’émettre des fréquences pour tester les composants de la future 5G », indique Michel Corriou, directeur réseaux et sécurité de cet Institut de recherche technologique (IRT).

Alors, c’est pour quand ?

Pas avant 2020, pour les premières commercialisations. Des tests grandeur nature sont programmés d’ici là. Et notamment en 2018, à l’occasion des Jeux Olympiques d’hiver en Corée du Sud. Le Japon devrait être le premier à dégainer des abonnements 5G, au moment des Jeux olympiques d’été de Tokyo, en 2020.

Dans la foulée, « l’Amérique du Nord connaîtra un déploiement rapide et massif », prédit l’institut B Com. Et alors quid de l’Europe ? « Avec l’absence d’opérateur dominant, des marchés nationaux disparates et une gestion des fréquences à allouer plus contrainte, elle sera à la traîne », annonce-t-il également. Dommage…

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La course au débit s’arrêtera-t-elle un jour ?

« Jamais. Puisque plus on offrira un potentiel de téléchargement aux consommateurs, plus ils téléchargeront et plus on aura besoin de bande passante supplémentaire », répond Dominique Taieb, directeur général du cabinet Polyconseil, qui travaille notamment dans les domaines des nouvelles technologies.

Mais plus que la 5G et les autres futures normes de télécommunications, c’est sur « la densification exceptionnelle du Wifi que se reposeront aussi les opérateurs dans les années à venir », analyse également le spécialiste. Pour profiter à plein de la puissance de la fibre, aussi sur son mobile.