Nice: Il crée la première monnaie locale de la ville, le nissart

INSOLITE Cristou Daurore, président de la Republica de Nissa, voudrait remplacer l’euro par le « nissart » dans certains commerces de la capitale azuréenne...

Mathilde Frénois

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La monnaie nissarte sera en circulation à la fin de l'année 2016.

La monnaie nissarte sera en circulation à la fin de l'année 2016. — M. Frénois

Ne pas acheter son pan-bagnat en euros mais en « nissart », Cristou Daurore en rêve. Ses espoirs sont en train de devenir réalité. Le président de l’association Republica de Nissa vient de créer la première monnaie locale de la capitale azuréenne. « Je l’ai appelée le nissart parce qu’on ne peut pas faire plus niçois », s’amuse-t-il à expliquer.

Un nissart équivaudra à un euro. Uniquement composée de billets entre 1 et 100 nissarts, la monnaie sera en circulation dans les commerces, les restaurants et les associations qui « ont un esprit niçois, qui vendent des produits locaux et qui en font la promotion », insiste Cristou Daurore.

 

Commerçants, restaurateurs et associations accepteront ces billets allant de 1 à 100 nissarts. - M. Frénois

 

Un, doi, cinc, dètz, vint, cinquanta, cent

Le graphisme, lui aussi, est 100 % niçois. Chaque coupon représente un emblême de la ville : l’aigle, la « ratapinhata » ou chauve-souris, Pepin Garibaldi, Catherine Segurane ou encore l’auteur de Nissa la bella, Menica Rondelly. « C’est la seule monnaie qui ajoute une promotion linguistique à l’aspect économique. Avec les billets sera distribué un carnet pour échanger en nissart avec le commerçant », détaille Cristou Daurore. A la caisse, c’est en niçois qu’il faudra compter : un, doi, cinc, dètz, vint, cinquanté et cent.

Une mise en service prévue pour fin 2016

Michel Rainero tient un commerce à l’entrée du Vieux-Nice. Derrière son comptoir, il vend de l’huile d’olive locale, des robes traditionnelles et des souvenirs estampillés de l’aigle, l’emblême de la ville. Il sera l’un des premiers à rendre la monnaie en nissart. « Le vrai plus, c’est que l’on pourra faire découvrir notre culture, échanger et partager avec les Niçois et les touristes », explique-t-il.

Pour l’instant, ce sont des prototypes que Cristou Daurore tient précieusement dans ses mains. Il a déposé la marque auprès de l’INPI. « Il me reste à aller voir la chambre des métiers, la fédération des artisans et commerçants, la chambre de commerce et d’industrie », liste-t-il. Amoureux de sa ville, il espère émettre les premiers vrais billets nissarts à la fin de l’année 2016.