Nice: Un sous-marin pour aider les chercheurs à étudier les méduses

MER Les scientifiques de l'Observatoire océanologique de Villefranche-sur-Mer mènent «une mission exploratoire» dans les grands fonds de la Méditerranée...

Jean-alexis Gallien-lamarche

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Le sous-marin permet d'atteindre de grandes profondeurs.

Le sous-marin permet d'atteindre de grandes profondeurs. — David Luquet / Observatoire océanologique de Villefranche-sur-Mer

Dans la rade de Villefranche-sur-Mer, un drôle d’engin jaune à l’aspect un peu futuriste pourrait bien aider les baigneurs à faire «plouf» sans craindre d’être piqués, cet été. A l’intérieur de ce Yellow submarine espagnol nouvelle génération, les scientifiques de l’Observatoire océanologique vont tenter de prédire si la méduse Pelagia noctiluca risque d'envahir les plages azuréennes. «On a déjà vu de grandes quantités de ces spécimens au large, entre 10 à 20 km des côtes. Il en faut peu pour qu’elles soient entraînées vers le littoral», explique Gabriel Gorsky, directeur de l’observatoire. 

Une mission exploratoire «sans bruit et sans mouvement»

S’ils ont commencé les essais à petite profondeur la semaine dernière, les chercheurs vont passer aux choses sérieuses ces prochains jours. «A la sortie de la rade, à 500 m de fond, il y a une sorte de tourbillon horizontal où l’on peut voir toutes sortes de particules organiques, explique Jean-Michel Grisoni, ingénieur de recherche océanographe. Nous voulons ainsi découvrir à quelle profondeur la Pelagia séjourne. Nous savons que la nuit, elle remonte à la surface et qu'elle plonge dans la journée.» Une avancée qui permettra ensuite de «pronostiquer leurs échouages», avance Gabriel Gorsky, tout en «analysant le rôle de barrière que joue le courant».

Une initiative qui ressemble fort à la «météo méduses», lancée en grande pompe à l’été 2012 par le laboratoire de Villefranche et dont l’objectif était là aussi de prévoir l’arrivée de bancs de méduses et d’en informer les estivants. Le site Internet avait finalement fermé. 

Là, ces plongées scientifiques, sorte de «mission exploratoire» selon Gabriel Gorsky, ont la même ambition mais ne peuvent être réalisées qu’avec un sous-marin. «Le plus important est de s’insérer dans le milieu sans bruit, sans mouvement, et de faire des prélèvements», juge l’ingénieur. «Le profond canyon entre le cap de Nice et le cap Ferrat offre les mêmes conditions que si on était au grand large», ajoute-t-il.

Le mystère d’un écosystème inconnu à percer

Outre l’observation de ces spécimens urticants, les océanographes azuréens tenteront de percer un mystère, celui d’un écosystème inconnu découvert il y a quelques années. «Nous avions trouvé des espèces nouvelles, jamais référencées», se souvient Gabriel Gorsky. A l’époque, les chercheurs avaient attrapé ces organismes inconnus à partir de 350 m de fond. «C’est une opportunité d’y retourner et d’explorer ces profondeurs», se réjouit ce dernier. «Quand vous êtes au milieu de la mer où tout est noir et fluorescent, vous êtes le roi des océans. Vous rencontrez des bestioles dont vous n’imaginiez même pas qu’elles existaient», conclut le directeur de recherche au CNRS.

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