Une partie du butin a été retrouvée en possession de l'homme abattu.
Une partie du butin a été retrouvée en possession de l'homme abattu. - F. Binacchi / ANP / 20 Minutes;

Fabien Binacchi

Le vol a tourné au drame, mercredi dans le centre-ville de Nice. Un braqueur d'une vingtaine d'années, qui venait d'emporter avec son complice des bijoux obtenus par la force, a été abattu au pistolet automatique par le propriétaire d'une boutique de la rue d'Angleterre. Les faits se déroulaient en début de matinée. Vers 8h50, alors qu'il vient de lever son rideau, le patron de la bijouterie La Turquoise voit surgir les deux malfrats. Frappé et sous la menace de deux armes, un pistolet et un fusil à pompe, le commerçant est forcé à ouvrir son coffre. Une fois le butin (dont le montant n'a pas encore été communiqué) en leur possession, les deux braqueurs prennent la fuite à bord d'un scooter. Le gérant de la boutique sort alors et fait feu, selon une source policière, en direction de ses agresseurs. Il tire ainsi à plusieurs reprises avec un pistolet automatique. Le passager, touché au dos, tombe du deux-roues une centaine de mètres plus loin. Malgré l'intervention des secours, il décède quelques minutes plus tard. Son complice, lui, prend la fuite.

Placé en garde à vue

Le fusil à pompe ainsi qu'une partie du butin a été retrouvée «en possession de l'homme abattu», a indiqué la même source. Stéphane Turk, le bijoutier d'une soixantaine d'année, a lui été placé en garde à vue pour «homicide volontaire » et une enquête a été ouverte. Sur des images de vidéosurveillance, «on le voit tirer à trois reprises, précise le procureur de la république de Nice, Eric Bedos. Mais à ce stade, on ne peut pas dire s'il agissait ou non en état de légitime défense.» En septembre 2012, ce commerce situé dans un quartier populaire à proximité de l'avenue Jean-Médecin avait déjà fait l'objet d'une attaque.

Estrosi demande des «mesures fermes»

Dans un communiqué publié mercredi, le député-maire (UMP) de Nice Christian Estrosi a appelé le «le gouvernement à prendre des mesures fermes et rapides en faveur des commerçants». «[Ils] vivent dans l'angoisse de subir un braquage ou une agression, souvent pour quelques centaines d'euros, partout en France», a-t-il aussi lancé, «[constatant] que les braquages ont été multipliés par quatre depuis mai 2012».