« J'ai vécu un»Man vs Trash« »

Martin Esposito Son film tourné à la Glacière est projeté en avant-première ce mardi soir à Nice

Propos recueillis par Marie Veronesi

— 

Masque à gaz vissé sur le visage, le réalisateur Martin Esposito a filmé la décharge de la Glacière à Villeneuve-Loubet pendant dix-huit mois. Désormais fermé, l'endroit a accueilli jusqu'en 2009 plusieurs milliers de tonnes de déchets, dans lesquels le cinéaste s'est littéralement jeté. Le résultat de cette folle immersion est présenté en avant-première ce mardi soir*, à Nice.

Qu'est-ce que « Super Trash », un documentaire, du cinéma ?

C'est une fiction de la réalité. J'ai capturé la vérité, avec une exigence cinématographique. Au lieu d'un

Man vs Wild

, j'ai vécu un

Man vs Trash

. J'ai voulu montrer la catastrophe écologique qui se passait là où j'ai grandi. Et pour ça, je n'avais d'autre choix que de m'en imprégner complètement, alors j'ai demandé l'autorisation à Veolia, qui en est l'exploitant.

Quel est le quotidien d'une décharge comme celle de la Glacière ?

Tous les jours, les camions déversent des tonnes d'excréments humains, de déchets hospitaliers, de cercueils, d'hydrocarbures. Une quantité monumentale de nourriture pas consommée, encore emballée. On voit le travail de tri de chaque citoyen atterrir là.

Qu'avez-vous voulu montrer ?

Mettre le doigt sur le gâchis alimentaire, les problèmes de pollution, dangereux pour la santé. Il y a des fûts d'arsenic toujours ensevelis. Il faut dépolluer le site, traiter le problème du «lixiviat», ce jus de la décharge qui s'écoule dans les rivières pour finir dans la mer. Pointer le dysfonctionnement de la chaîne du recyclage. Ce film est là pour relancer le débat et tenter de faire changer les choses.

■ Une fiole d'arsenic tout au plus, selon Veolia

« Cet artiste a souhaité dénoncer la surconsommation mondiale, nous lui avons facilité la tâche en l'autorisant à filmer », a expliqué à 20 Minutes Joël Gentil, vice-président Méditerranée région de Veolia environnement. Quant à la présence d'arsenic enfoui que dénonce Martin Esposito, « il y en a tout au plus une fiole, assure le responsable. Il n'y a pas à proximité du site d'usines en produisant, et s'il y en avait plus, nos experts l'auraient remarqué ».

Mots-clés :

Aucun mot-clé.