Un scanner du corps entier équivaut pour le patient à la dose que reçoit un travailleur du nucléaire en une année.
Un scanner du corps entier équivaut pour le patient à la dose que reçoit un travailleur du nucléaire en une année.

Aurélie Selvi

Pas l'ombre d'une centrale ni d'un réacteur, pourtant, l'Agence de sûreté nucléaire (ASN) surveille les Alpes-Maritimes de près. Et pour cause. « Après les Bouches-du-Rhône, le département est le 2e plus médicalisé de la zone Paca-Corse-Languedoc Roussillon, de part sa forte densité de personnes âgées, détaillait ce mercredi à Nice Pierre Perdiguier, chef de division à l'ASN. On y a donc d'avantage recours aux rayonnements ionisants ». Des irradiations que l'on retrouve dans les actes d'imagerie médicale, dont le nombre grimpe dangereusement, dixit ces « gendarmes du nucléaire ». « En 5 ans, les doses à la population ont augmenté de 50% », s'alarme l'ASN, particulièrement inquiète de l'utilisation « trop fréquente » du scanner. « Pratiqué sur le corps entier, il délivre une dose de radioactivité équivalente à celle que reçoit un travailleur du nucléaire en un an », pointe Pierre Perdiguier. Pour diminuer cette exposition, l'organisme préconise de « substituer tant que possible l'IRM au scanner ». Un examen, qui n'a pas recours au nucléaire et reste bien moins développé dans le département qui compte 9 appareils de ce type, contre 16 services de scanographie.
Sur la Côte, l'ASN contrôle aussi fréquemment les trois services de médecine nucléaire (lire ci-dessous), qui traitent les patients atteints de cancer. En décembre 2011, un incident léger* a ainsi été recensé au Centre Antoine Lacassagne. « Une erreur de fractionnement de dose sur un patient qui a entrainé une surexposition de son cristallin », note l'Agence de sûreté. Des incidents qui, lorsqu'ils sont graves, peuvent faire l'objet de PV et de procédure pénal.