La question du trafic de drogue devrait être au cœur, ce jeudi, du « comité interministériel » qui va se tenir à Marseille. Mais la cité phocéenne n'est pas la seule touchée par le fléau, loin s'en faut. Dans les quartiers nord de Nantes, par exemple, il est très facile de se procurer du cannabis. « Les gens ont compris que c'était un bon business », explique Youness, 20 ans, rencontré ce mercredi au pied d'une tour. « Au début, tu peux te faire 1 000 € par mois. A la fin, si tu ramènes 5 kg d'herbe des Pays-Bas, tu peux te faire 15 000 € par kilo. » Lui dit avoir cessé de revendre du shit depuis sa deuxième sortie de prison, en juin dernier. Dix mois à la maison d'arrêt, pour trafic de stups. Youness vendait alors « 5-6 kg par mois ». « Si je ne m'étais pas fait attraper, j'aurais continué... Mais en cellule, tu mûris », lâche-t-il.
Les habitants importunés
Ses anciens confrères, eux, squattent à longueur de soirée les halls d'immeubles. Ce qui modifie l'organisation du travail chez Nantes Habitat. « On ne va pas changer les ampoules grillées l'après-midi, on se ferait emmerder », témoigne un agent de l'office HLM de la ville de Nantes. Le nettoyage se fait aussi tôt le matin. « On fait ça quand les dealers dorment : eux travaillent la nuit », poursuit-il. Les habitants des tours se font aussi importuner, parfois. « Certains demandent leurs papiers aux locataires pour pouvoir passer », poursuit le même agent. « Quand les voisins font du bruit, on hésite à aller frapper à leur porte », confirme Stéphanie, une mère de famille du Chêne-des-Anglais, qui reconnaît avoir « peur » pour son fils de 10 ans.
Des policiers plus présents
Ces derniers temps, les trafiquants se font néanmoins plus discrets, de l'avis de tous. « Il y a des patrouilles de police au moins deux fois par semaine », explique un jeune du quartier. « A quatre ou cinq, ils rentrent dans les halls et montent dans les escaliers... Tout de suite, ça calme. »