José Bové est venu en soutien.
José Bové est venu en soutien.

« La politique ne peut pas passer la porte de ce prétoire ! » Mardi, au tribunal de Saint-Nazaire, la procureure Florence Lecoq devine son entreprise vaine. A l'extérieur sont stationnés quelque 150 tracteurs. Un millier de militants opposés au transfert d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes patientent aussi. L'un de leurs leaders est à la barre : Sylvain Fresneau, paysan et président de l'Association de défense des exploitants concernés par l'aéroport. Le 21 juin, lors d'une manif, il aurait manœuvré vers les gendarmes avec son tracteur. Ces derniers ont eu « la peur de leur vie », dixit le procès-verbal.

Interdiction de manifester
Diffusée pendant l'audience, une vidéo montre aussi la lenteur de l'engin. Son chauffeur plaide la relaxe : « Je n'ai voulu que protéger les manifestants ! » Après lui, cinq témoins se succèdent, dont Martine Billard, coprésidente du Parti de gauche, qui fait applaudir la salle en estimant que « la répression des meneurs relève de l'intimidation ». Difficile d'exaucer le vœu de la procureure… Pour cette dernière, « le barrage était fixe : l'accusé a voulu le percer. » Elle requiert 80 jours d'amende à 10 € et, surtout, un an d'interdiction de manifester à Notre-Dame-des-Landes. Pour José Bové, député européen (EELV) venu en soutien, c'en est trop : « Le procureur joue les Poutine ! C'est un procès politique contre le droit de manifester. » Et de réclamer une explication de Christiane Taubira, la garde des Sceaux. En attendant le rendu du jugement, le 11 septembre.A. G.