Emmanuel Ludot, avocat de la veuve.
Emmanuel Ludot, avocat de la veuve.

André Rigault est-il une « victime collatérale » des ventes d'armes au Pakistan dans les années 90 ? Oui, à en croire Emmanuel Ludot, l'avocat de sa veuve. Cet ingénieur, qui pilotait la conception des moteurs des sous-marins, avait été retrouvé mort en 1998 à Indret sur le site de la DCN, son employeur. Un « suicide », selon l'enquête interne de l'entreprise d'armement naval. Reste que sa compagne n'en a jamais eu les conclusions. Cette Nantaise a donc demandé à l'Etat de les lui restituer. Le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris doit se prononcer ce jeudi sur la question.

Une plainte pour « assassinat »
« Soit c'est réellement un suicide, et donc une affaire privée, et l'Etat n'a pas à s'opposer à cette demande », considère Emmanuel Ludot, l'avocat d'Annick Le Saux. « Dans le cas contraire, cela veut dire que la mort d'André Rigault est liée à ses activités professionnelles. » Selon lui, l'ingénieur pourrait avoir refusé de certifier des calculs relatifs aux sous-marins. « Leur vitesse d'immersion a été présentée au Pakistan comme sept fois plus rapide que celle de leurs concurrents, ce qui n'était pas vrai », affirme l'avocat.
Ce dernier s'apprête, en parallèle, à porter plainte contre X au Pakistan pour « assassinat ». Une première enquête, menée en France, s'était soldée par un non-lieu. « Elle n'a consisté qu'à fouiller dans la vie privée de M. Rigault, pour voir s'il avait des problèmes d'argent ou une maîtresse », pointe Me Ludot.G.F.