Loïc Sécher vit avec 417 € par mois.
Loïc Sécher vit avec 417 € par mois.

Charles Guyard, avec Guillaume Frouin

Ce vendredi, la cour d'appel de Rennes doit se prononcer sur l'indemnisation de Loïc Sécher. Cet ancien ouvrier agricole de la Chapelle-Saint-Sauveur, près d'Ancenis, a passé sept ans en prison, pour le prétendu « viol » d'une adolescente psychologiquement fragile. La jeune fille, qui l'avait accusé en 2000, s'était rétractée huit ans plus tard. Loïc Sécher avait finalement été acquitté en juin 2011, au terme de son procès en révision.

Il réclame 2 millions d'euros
Pour toutes ces années de détention, Loïc Sécher réclame donc plus de 2 millions d'euros à l'Etat. Soit 500 € pour chacun de ses 2 655 jours de détention, et 750 000 € pour le préjudice moral. Il y a urgence : depuis sa libération, l'ancien détenu vit avec 417 € par mois. « Je n'ai rien eu en sortant de prison », confie l'ancien ouvrier agricole. « J'ai vécu cette année dans l'attente, dans une prison sans barreaux. » Le 8 juin dernier, il s'est ainsi installé devant la cathédrale de Quimper, lui qui vit à présent dans le Finistère, pour faire la manche. « Vous savez, vous, si vous devez de l'argent à l'Etat, lui ne va pas traîner un an ! », soupire-t-il.
Aujourd'hui, l'homme ne compte pas revenir s'installer en Loire-Atlantique. « Ça me rappelle trop de souvenirs, ça remue le couteau dans la plaie », confie Loïc Sécher. « Ici, dans le pays bigouden, les gens sont sérieux, corrects. Ils ne me parlent jamais de l'affaire, alors qu'ils la connaissent bien, avec toute la médiatisation qu'il y a eue. »

éléments à charge

Loïc Sécher a été condamné en 2003 à seize ans de réclusion criminelle, peine confirmée en appel l'année suivante. Au moment des présumés « viols », il était dépressif, alcoolique, accro au cannabis et peinait à assumer son homosexualité.