Le couple qui ne veut pas décoller de sa maison

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Publié le 3 juillet 2012.

Aménagement A Notre-Dame-des-Landes, Claude et Christiane Herbin risquent d'être expulsés

Ils pourraient être parmi les premiers habitants expulsés par le projet d'aéroport. Le 11 juillet prochain, le tribunal d'instance de Saint-Nazaire va examiner la situation de Claude et Christiane Herbin. Ce couple occupe depuis 1996 une maison au « Liminbout », un hameau de Notre-Dame-des-Landes. D'abord comme locataires, dorénavant comme « occupants sans droit ni titre », selon Aéroports du Grand Ouest (AGO), la filiale du groupe Vinci chargée d'exploiter le futur aéroport. Claude et Christiane Herbin n'ont en effet pas été déclarés par leur propriétaire, lors de la vente de sa maison aux services de l'Etat en février 2009.

Leur statut les exclut de l'accord
Depuis, le couple a décliné plusieurs propositions de bail précaire. Leur statut d'occupants illégaux les écarte donc, selon AGO, de l'accord conclu en mai par les collecticités locales, après la grève de la faim menée à Nantes par plusieurs opposants au futur aéroport. Celles-ci avaient demandé à l'Etat de geler les expulsions des seuls agriculteurs et habitants en règle, tant que la plupart des recours juridiques contre le projet ne seraient pas éteints. « Si on lâche sur le cas de Claude et Christiane, c'est la porte ouverte à d'autres déménagements », est convaincu Marcel Thébault, un agriculteur du coin et ancien gréviste de la faim. « Avec eux, AGO teste les opposants, mais aussi les collectivités locales : ils veulent voir comment elles vont réagir. »

Lettre ouverte à Cécile Duflot
Le cas du couple va ainsi immanquablement être évoqué cette semaine avec elles, lors de la réunion du « comité de suivi » de l'accord de mai. Claude Herbin prépare également une « lettre ouverte » à Cécile Duflot, la nouvelle ministre écologiste du Logement, elle aussi opposée au projet d'aéroport. « J'ai le sentiment d'une injustice complète, je ne comprends pas pourquoi on s'acharne sur moi », souffle ce cuisinier à mi-temps de 52 ans. Lui et sa femme, parents de deux adolescents « qui ont grandi ici », ne veulent surtout pas renoncer à leur basse-cour et à leurs lapins. Le flou juridique dans lequel ils évoluent depuis 2009 ne leur a apporté qu'un seul avantage, au final : ils ne payent plus de loyer.

Guillaume Frouin
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