Les  agents seraient surmenés.
Les agents seraient surmenés.

Frédéric Brenon

La problématique des conditions de travail des 8300 salariés du CHU de Nantes refait surface. Après les alertes répétées de la médecine préventive, un audit réalisé par le cabinet indépendant Syndex dénonce à son tour la souffrance du personnel. L'audit stigmatise ainsi la plannification des équipes, le manque de suppléants ou la charge de travail. « Effectifs au plus juste et souvent insuffisants pour faire face à la charge, équipes de travail impliquées mais qui s'usent (absentéisme, turn

over), sens et qualité du travail altérés, constituent des constances que nous avons repérées dans les différents services de soins où nous sommes allés », rapporte le cabinet en conclusion.

Bientôt une plainte au pénal ?
« Cette fois, la direction ne peut plus fermer les yeux, s'impatiente le syndicat CFDT. On nous demande de soigner aussi bien qu'avant avec plus de travail et moins de moyens. Mais, forcément, ce n'est pas possible. L'hôpital est responsable d'une mise en danger des soignants et des patients. » La CFDT réclame une augmentation significative du taux de remplacement moyen des absents (65 % actuellement). Elle envisage aussi de déposer, sur la base de l'audit Syndex, un recours au pénal contre le CHU et l'Agence régionale de santé. « On ne veut pas les faire condamner, on veut que la situation change. »
De son côté, la direction du CHU de Nantes estime que « ce n'est pas en rajoutant du personnel qu'on va fondamentalement améliorer les choses. » « Il y a des réponses d'organisation, notamment un projet de meilleure articulation des équipes médicales et soignantes. » Elle rappelle aussi que la qualité des soins est « jugée correcte » par la Haute autorité de santé.

effectif et soins

Depuis 2007, l'effectif temps plein du CHU de Nantes a augmenté de 0,2 %. L'activité de soins, a, elle progressé d'environ 15 %. Le CHU a retrouvé l'équilibre financier en 2011, mais cumule encore un déficit total de 50 millions d'euros.