Airbus Nantes, qui emploie 2080 salariés, a aussi recours à 365 intérimaires.
Airbus Nantes, qui emploie 2080 salariés, a aussi recours à 365 intérimaires.

Guillaume Frouin

Airbus va recruter 100 personnes cette année à Bouguenais, en plus des 150 déjà prévues. Une bonne nouvelle, décrochée « sous la contrainte » par la CGT. L'avionneur européen - dont les carnets de commandes sont pleins pour les sept ans à venir - aurait en effet été menacé d'une procédure de l'inspection du travail de Loire-Atlantique pour « recours abusif à l'intérim », a affirmé mardi le syndicat. Quelque 365 intérimaires travaillent dans son usine nantaise, en plus des 2 080 personnels en CDI et des « 5 à 700 » salariés de sous-traitants.

Une « main d'œuvre docile »
« Airbus est confronté à une pression bancaire et financière, on lui demande des gains de productivité énormes », analyse Yves Devedec, secrétaire de la CGT d'Airbus Nantes. « La direction joue pour cela sur la masse salariale. » Les intérimaires constituent également « une main d'œuvre docile » en matière d'heures supplémentaires sur les chaînes de production de l'A320 et l'A340, réputées « difficiles ».
« On est dans une industrie assez cyclique », se défend la direction. « Or, quand on embauche quelqu'un en CDI, c'est pour dix, vingt ou quarante ans.. . On préfère avoir recours à la flexibilité plutôt qu'aux plans sociaux. »

Infractions

Des intérimaires auraient été remplacés par d'autres une fois leurs contrats finis, selon la CGT, preuve que le surcroît d'activité n'est en rien « temporaire ».