La justice des hommes en veut à la Messagère divine

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Publié le 8 juin 2012.

Société La prévenue, jugée pour recel, dit que la Vierge parle à sa place

Quatre mois de prison avec sursis ont été requis jeudi, au tribunal correctionnel de Nantes, contre Marie-Pierre. Jusqu'en 2010, cette femme de 46 ans rassemblait chaque mois, dans un hangar de Vallet, jusqu'à 700 personnes venues de toute la France – parfois en car. Au cours de ces « Cénacles des Messagers de l'amour », la « Messagère » entrait en transe et disait parler au nom de la Vierge.

« On cherche à salir sa réputation »
Poursuivie au départ pour « escroqueries », cette « ancienne missionnaire qui a passé de longues années avec Mère Teresa » a finalement été jugée pour un simple « recel de bien obtenu à l'aide d'un abus de confiance » : 29 000 € de travaux ont été faits sur sa maison avec l'argent de l'association qui vendait les CD où était enregistrée sa voix. « C'était un prêt, pour qu'elle puisse héberger des gens dans le besoin », nuance son président, jugé à ses côtés pour « abus de confiance ». Reste qu'aujourd'hui, la maison est en location, et que le « prêt » n'a pas encore été remboursé... Devant les gendarmes, le même président aurait dit que la Vierge en personne aurait demandé à faire les travaux. « Quand ça se passe, je m'entends parler, mais je ne me rappelle pas de ce que je dis », élude sa « Messagère ». Son avocat, lui, réclame sa relaxe. « On cherche à salir sa réputation, pour couper les Cénacles », est convaincu Christophe Hermouet. « Mais ces gens-là ont le droit de se réunir pour prier, l'Etat n'a pas à en être juge ! » Décision le 5 juillet.

Guillaume Frouin
évêques

« Aucun caractère surnaturel » n'a été établi dans les Cénacles, selon deux enquêtes canoniques menées par les évêques d'Angers et de Nantes. Ils ont demandé en 2010 à faire cesser les écrits ou enregistrements se prévalant du nom de la Vierge.

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