Un nid repéré à Bonnœuvre, près de Riaillé. Seule une société habilitée peut le détruire.
Un nid repéré à Bonnœuvre, près de Riaillé. Seule une société habilitée peut le détruire.

Frédéric Brenon

Le constat est accablant : moins de deux ans après son arrivée en Loire-Atlantique, le frelon asiatique a déjà pris ses aises dans tout le département. Près de 130 nids de cet insecte tueur d'abeilles ont été recensés en 2011. Un nombre, en deçà de la réalité de l'invasion, qui devrait doubler d'ici la fin de l'automne.
« Sa progression est très impressionnante. Il semble suivre les cours d'eau et préfère s'installer en zone urbaine. Ça paraît désormais impossible de l'éradiquer. Il va sûrement falloir apprendre à vivre avec. Mais on peut limiter son développement », juge Marc Pondaven, directeur de la fédération départementale des groupements de défense contre les organismes nuisibles (FDGDON).

Un numéro unique dédié
Pour maîtriser la prolifération, il faut d'abord réussir à repérer les nids. « Ce sont de grosses boules brunes mesurant de 40 cm à un mètre de diamètre. Ils abritent en moyenne 1 500 frelons et une centaine de fondatrices. On en trouve partout, au sol, dans les arbres, sous un porche… » Lorsque la présence d'un nid est soupçonnée, il faut prévenir la FDGDON (les pompiers n'interviennent qu'en cas d'urgence). Un numéro unique dédié aux signalements ouvre ce mardi*. Une fois le nid expertisé gratuitement, charge au propriétaire de le faire détruire par une société habilitée. Une intervention qui coûte entre 60 € et 200 €.
« Tant que le frelon asiatique n'est pas inscrit par l'Etat comme “organisme nuisible”, la destruction du nid ne s'impose pas aux propriétaires, regrette Marc Pondaven. Et il faut reconnaître qu'il y a parfois des abus décourageants chez ces sociétés. Il ne faut en tout cas jamais chercher à s'en débarrasser soi-même. Le frelon pique comme une fléchette et est très organisé. » « Il faut tout faire pour le freiner, insiste Joël Brochard, président des apiculteurs de Loire-Atlantique. Tout le monde devrait voir les ravages que le frelon asiatique fait dans nos ruches pour prendre conscience du problème. »