Murmures en salle. « A voté », tweete Jean-Marc Ayrault depuis le bureau Fraternité-Boccage, hier. Il est 12 h 15. Le maire de Nantes applaudit déjà le succès de la primaire : « L'affluence dépasse plus que largement le cercle des sympathisants ! Quand on donne la parole aux gens, ils la prennent. »
Brigitte, son épouse, opine du chef. Elle a passé la matinée au bureau des Dervallières, y a vu « peu de jeunes », mais « beaucoup de nouvelles têtes ». Entre les militants, beaucoup de sympathisants. Parmi eux, Martine, qui vote Ségolène : « On a l'impression de reprendre la main ! » Dans le bureau, deux files s'étirent depuis 9 h. Celle de Fraternité est plus longue que celle du Boccage. Michel, 62 ans, sourit. Au premier tour de la présidentielle, il votera Mélenchon. Mais là, il veut « montrer que la gauche existe ». Va pour Montebourg.
La droite s'incruste
12 h 45. Murmures en salle. Encore. « Ils sont de droite », chuchote un assesseur. Avec deux amis, Romain Le Junter, jeune loup UMP du coin, s'avance tout sourire. Celui qui tractait hier matin contre « l'archaïsme du projet socialiste » signe un attachement aux valeurs de gauche. Il corrige : « Le mérite ou le progrès social sont des valeurs partagées par tous. » Les jeunes UMP sont quelques-uns, paraît-il, à se déplacer. « Ont voté. » Mais ils ne signent pas tout, ne recevront plus de news du parti. Leur maire PS non plus, notez. Avec le stylo électronique, il a certes émargé, mais n'a laissé ni e-mail, ni téléphone...
Le seuil de 10 % des inscrits a été dépassé à Nantes, où plus de 15 000 personnes ont voté, Saint-Herblain et Rezé. A Carquefou, où 12 500 personnes sont inscrites sur les listes électorales, on a au moins dépassé la barre des 1 100 votants. Au final, quelque 60 000 bulletins de vote ont été réimprimés hier en urgence en Loire-Atlantique...