Véritables anges gardiens de la nuit nantaise, les Veilleurs de soirée discutent avec les lycéens et étudiants alcoolisés.
Véritables anges gardiens de la nuit nantaise, les Veilleurs de soirée discutent avec les lycéens et étudiants alcoolisés. - F. Elsner / 20 Minutes

Ils sont l'un des fers de lance du « Plan alcool » de la mairie, en passe d'être complété (lire ci-dessous). Depuis 2008, tous les jeudis, vendredis et samedis soirs, les « Veilleurs de soirée » vont à la rencontre des lycéens et étudiants alcoolisés dans les rues de Nantes. Cette équipe mobile de « prévention et réduction des risques » y distribue gratuitement préservatifs, éthylotests ou bouteilles d'eau. Mais surtout, elle cherche à « planter des points d'interrogation » dans les têtes. « L'idée n'est pas de faire la morale ou de porter de jugement », insiste Aurélie Demain, 28 ans, coordinatrice du dispositif à l'Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (Anpaa). « On veut juste qu'ils s'interrogent sur la place du produit (alcool, cannabis, cocaïne...) dans leur façon de faire la fête. »

Dépliants à méditer le lendemain
Etape incontournable du circuit des « Veilleurs », les pelouses éclairées face à la fac de médecine étaient ainsi le point de ralliement de 200 jeunes, jeudi soir, avant de partir en soirée Tonus (soirée étudiante). Parmi lesquelles beaucoup de filles. « Moi, je me la suis collée trois fois cette semaine », avoue sans détours Marie, 19 ans, étudiante en première année de langues étrangères appliquées (LEA). A ses côtés, Sarah (17 ans) boit du vin blanc directement à la bouteille. « C'est ce qu'il y a de moins cher », explique cette étudiante en droit.
En face d'elles, Katia (37 ans) et Laurène (24 ans) écoutent attentivement. Avant de repartir, les deux Veilleuses laissent un dépliant aux fêtards. « Ils pourront méditer dessus demain, lorsqu'ils seront à jeun », explique la première. Louis, lui, est déjà lucide sur sa consommation. « L'alcool permet de parler avec les gens, c'est aussi un moyen de s'intégrer dans la vie étudiante », explique cet étudiant de 18 ans, en première année de fac de sciences.
En attendant, difficile de mesurer l'impact des Veilleurs de soirée sur un possible changement de comportements. « On sert au moins à faire une veille sanitaire », note Aurélie Demain. « L'an passé, on s'est par exemple rendu compte que des jeunes inhalaient des produits dépoussiérants pour ordinateur. Ça les faisait planer. »

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