La cité des congrès accueille jusqu'à demain le congrès international médical et scientifique « Prévenir et traiter les addictions sans drogue ». Un événement présidé par Jean-Luc Vénisse, directeur du service addictologie du CHU de Nantes.
Les addictions sans drogue (stupéfiants, alcool, tabac...) sont méconnues. Quelles sont-elles?
Même si on a souvent l'idée que l'addiction c'est la toxicomanie, il y a en fait beaucoup d'autres conduites qui revêtent un caractère addictif. Certaines sont bien identifiées comme les addictions aux jeux d'argent et au sexe. D'autres sont plus récentes et plus discutées comme l'addiction au sport, aux jeux vidéo, les dépendances alimentaires ou affectives.
Qui sont les publics touchés?
Majoritairement des femmes pour les excès alimentaires, des hommes pour les jeux. Toutes les personnes en précarité, en rupture professionnelle ou ayant des difficultés familiales sont évidemment plus à risque. L'addiction va alors procurer un plaisir et combler un manque. Les adolescents, qui ont une moindre capacité d'auto-régulation, sont aussi très vulnérables. Mais les personnes âgées, souvent seules, ne sont pas épargnées, notamment par les dommages des jeux de hasard.
Quels sont les signaux à repérer?
Un changement de comportement, un repli sur soi, une coupure avec les amis, doivent alerter. C'est difficile à repérer au début mais, à un certain stade, cela devient une évidence pour l'entourage qui doit s'en inquiéter. Les sujets, eux, ne pensent pas à se faire aider.
Le phénomène tend-il à décroître?
Non, au contraire, il y a aujourd'hui une plus grande variété de dépendances qu'il n'y en avait il y a cinquante ans. L'offre de consommation est presque sans limite, on le voit avec Internet qui permet de jouer dans le confort de son domicile. Il faut avoir de sacrées capacités de contrôle pour faire face.
Associé à la Française des jeux et au PMU, le CHU de Nantes a ouvert en 2008 le centre de référence sur le jeu excessif. Il mène des actions de recherche, d'information et de prévention.