Une prise de position pour le moins inhabituelle. Même s'il a ordonné l'expulsion sous un délai de deux mois d'un terrain occupé par des Roms à Bouguenais, le vice-président du tribunal de grande instance de Nantes, Daniel Castagne, vient de se distinguer en stigmatisant par écrit la gestion du dossier par l'Etat. Dans une ordonnance du 19 août, dont le site Rue89 s'est procuré la copie, le juge dénonce « la carence de l'Etat qui s'abstient de prendre à bras le corps le traitement de cette extrême précarité de la communauté des Roms ».
« Manifestement cet impérieux devoir d'entraide et de solidarité ne semble pas être hissé à un rang prioritaire dans la hiérarchie des préoccupations des plus hautes autorités nationales », affirme-t-il un peu loin, évoquant aussi la « défaillance patente de la puissance publique ». « C'est courageux de sa part, commente Sylvie Chapelais, de Médecins du monde. C'est pour nous un soutien important. Il ne fait que décrire la dure réalité quotidienne ».F. B.