Pour faire face aux embouteillages qui paralysent matin et soir le pont de Saint-Nazaire, le département a peut-être trouvé la parade. Un système unique en France de gestion modulable des voies de circulation a ainsi été mis en service sur l'ouvrage, hier, à 8 h 30. D'un coût de dix millions d'euros, il doit permettre de s'adapter efficacement aux déséquilibres du trafic : chargé dans le sens sud-nord le matin, chargé dans le sens inverse le soir. « Le pont n'offrant que trois voies de circulation, on bascule la voie centrale dans un sens ou dans l'autre en fonction du volume de véhicules, explique Bruno Caillabet, chargé de projet pour le conseil général. Les files sont alors délimitées par un marquage lumineux de couleur rouge. Le basculement est assez rapide, cela prend dix minutes à peine sur les six kilomètres concernés. »
Une évaluation d'un an
Pour parer à toute erreur de compréhension des usagers, une vingtaine de panneaux et portiques de signalisation ont été installés, tandis que des barrières de sécurité se déploient sur la voie neutralisée. La vitesse a aussi été abaissée de 90 km/h à 70 km/h et les poids-lourds ont interdiction de doubler. En cas d'accident, le système peut fermer une voie en quelques minutes. L'Etat a donné son accord pour une expérimentation d'un an, au cours duquel une évaluation sera faite auprès des habitants. « Le pari technique est déjà réussi. Je suis très confiant pour la suite», glisse Patrick Mareschal, président du département. « C'est clair, facile à emprunter », juge de son côté Thierry, l'un des premiers automobilistes à l'avoir testé. Environ 30 000 véhicules franchissent le pont de Saint-Nazaire chaque jour.