De la lumière à l'ombre. En quelques minutes, le funiculaire plonge le visiteur 130 mètres sous terre, et des décennies en arrière. Bienvenue dans le monde ultra-réaliste de la Mine bleue, ardoisière exploitée de 1916 à 1936 sous Noyant-la-Gravoyère, près de Segré (Maine-et-Loire). Rouverte en mai 2007, elle est la seule à proposer une telle expérience en France. Sur le côté de la descenderie, 813 marches en bois interpellent : « Les mineurs se rendaient au boulot à pied, explique Jérôme, le guide. Il leur fallait une heure et demie pour remonter. »
Dix kilomètres de galeries
La visite commence en TGV, ou « Train à grandes vibrations ». Terminus : l'une des vingt-huit chambres d'exploitation de la mine, ces immenses cathédrales mesurant jusqu'à 100 m de profondeur et 50 m de haut. Le port du casque y est de rigueur. D'autant que dans les 10 km de galeries, le plafond est bas. « A l'époque, les mineurs mesuraient en moyenne 1,65 m », rappelle Jérôme. Il évoque un temps où les Ardoisières faisaient la réputation de la région, où l'on mourrait de schistose (la maladie des ardoisiers) ou de cirrhose, la convention collective accordant un litre d'alcool par jour à chacun. « Un temps paternaliste où tous les mineurs se voyaient décerner un sobriquet à vie », ajoute Jérôme. Le sien, c'est « Passe-Partout ».
La Mine bleue a accueilli cet été 46 000 visiteurs, essentiellement du Grand Ouest, soit la plus grosse fréquentation depuis sa réouverture au public. En 2007, elle en avait reçu 35 000.