Le diagnostic est accablant. Avec moins de 4 médecins généralistes pour 5 000 habitants, contre 6 au niveau national, les Pays de la Loire sont l'une des régions de France les plus touchées par les « déserts médicaux ». Des écarts qui ont tendance à se creuser entre les régions mais aussi à l'intérieur même des Pays de la Loire : si les abords de Nantes ou Angers sont épargnés, les zones rurales de la Mayenne et de la Vendée sont touchées de plein fouet.
Un médecin reconverti en carreleur
Surtout, la moyenne d'âge des généralistes de la région est de 53 ans, « ce qui signifie que plus de la moitié partira à la retraite d'ici dix à quinze ans », pointe une étude de l'Uraf (Union régionale des associations familiales). Pire : deux sur trois quittent le métier pour d'autres raisons que la retraite. « Beaucoup préfèrent arrêter d'exercer en libéral et prendre un poste salarié, comme à la médecine du travail », explique Rémi Pascreau, président de l'Uraf.
Les raisons de ce désamour ? « Avec 65 000 € en moyenne, un généraliste touche trois fois moins qu'un radiologue », calcule Gérald Bertet, qui a présidé l'Union régionale des médecins libéraux (URML) de 2003 à 2009. Vers Saint-Gilles-Croix-de-Vie (Vendée), une généraliste lassée de ses horaires à rallonge s'est ainsi reconvertie comme carreleur. « Elle avait peur de se retrouver au tribunal à la moindre erreur de diagnostic », souffle Rémi Pascreau.
Des « trousses de premiers soins »
Pour enrayer l'isolement des médecins de campagne, certaines communautés de communes réfléchissent donc à créer des « pôles de santé pluridisciplinaires », comme à Pouzauges (lire ci-dessous). Toujours en Vendée, les pharmaciens ont eux invité les habitants à constituer des « trousses de premiers soins », avec des médicaments de base prescrits par leur médecin traitant. En cas de fièvre ou de diarrhée nocturnes, ils peuvent alors se faire conseiller par un médecin au téléphone. Un remède qui, malheureusement, ne suffira pas à stopper l'hémorragie : de l'avis de tous, il faudra augmenter le nombre d'étudiants en fac de médecine. Et leur imposer leur lieu d'exercice à la sortie.