La colère gagne le camp breton. « Le pouvoir central nous méprise, alors on saisit l'échelon supérieur », résume Jean-Pierre Levesque, de l'Institut culturel de Bretagne. Auprès de la Commission européenne, il porte plainte pour non-respect du droit des minorités nationales. Se joignent à lui trois grosses structures associatives : Kevre Breizh, le Collectif breton pour les droits de l'homme et la démocratie et Bretagne réunie. « En la matière, on pose aux nouveaux entrants des conditions qu'on ne respecte pas », continue le militant.
La réforme stigmatisée
Après six ans de recherches juridiques, la plainte s'étale sur 104 pages. Et après ? Bruxelles peut fermer les yeux. La Commission peut aussi faire pression sur la France pour que les droits du peuple breton, à l'instar des Gallois ou des Catalans, soient reconnus. « Les chances restent a priori minces, mais nous remplissons tous les critères définissant les minorités, et plusieurs députés européens vont se mobiliser », complète Paul Loret, de Bretagne réunie. Dans leur viseur, notamment, la réforme territoriale, qui maintient la Loire-Atlantique hors de la Bretagne administrative. Au terme d'un long processus, si la commission leur prête une oreille attentive, le gouvernement pourrait devoir revoir sa copie, sous peine d'amendes.