En médiatisant sa contravention, elle a été prise dans un incroyable tourbillon médiatique. Sandrine Mouleres a contesté hier, devant le tribunal de police de Nantes, l'amende de 22 € qu'elle avait reçue le 2 avril pour avoir conduit voilée de son niqab, près de l'Hôtel-Dieu. Depuis les faits, son compagnon Liès Hebbadj a été mis en examen pour « fraudes aux prestations sociales » et « escroqueries » au détriment de la Caisse d'allocations familiales. Accusé de « polygamie » par le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, il avait également été menacé d'être déchu de sa nationalité française.
« Comme un casque de Formule 1 »
Hier, l'affaire s'est concentrée sur la seule infraction routière de « conduite dans des conditions non aisées ». Selon la police, cette Rezéenne de 32 ans avait son champ de vision latéral « gêné » par le niqab. « Elle est contrainte de faire de larges mouvements de la tête, à droite et à gauche, et de haut en bas », explique le brigadier qui l'a contrôlée. « Il est évident qu'elle n'aurait pas pu voir un piéton ou un vélo qui arrive par derrière. » Un élément catégoriquement réfuté par Sandrine Mouleres. « Je suis aussi une maman, j'emmène mes enfants à l'école et au sport, a rappelé la jeune femme, qui s'est présentée voilée et gantée à la barre. Je ne prendrais pas de risques pour eux, pour moi et pour autrui en réduisant mon champ de vision. » « Le niqab n'est pas pire que le casque des pilotes de Formule 1 », plaide son avocat, convaincu que sa cliente est victime d'un « délit de sale gueule ». Jugement le 13 décembre.