Partiellement dévoilé l'an passé par le rapport Keller sur les « gares de demain », le projet d'agrandissement et de modernisation de la gare de Nantes est désormais ficelé dans ses grandes lignes. « Il fait l'objet d'un consensus technique », confie Grégoire Souchard, directeur du projet pour la SNCF et sa filiale Gares & Connexions. Reste maintenant le feu vert officiel des décideurs, Nantes Métropole et le conseil régional en premier lieu. « C'est un projet capital pour eux. Les partenaires vont se rencontrer, une décision pourrait être prise d'ici à la fin de l'année. Pour la SNCF, le plus tôt sera le mieux. Compte tenu de la saturation croissante de la gare, le temps est compté », analyse Grégoire Souchard.
Le projet s'articule autour de la volonté d'améliorer les flux de passagers, de faciliter et pacifier les échanges à l'intérieur du quartier, et d'ouvrir la gare sur le centre-ville. Pour y parvenir, l'idée est de construire un large belvédère vitré (7 000 m2) au-dessus des voies ferrées, reliant les gares nord et sud. Orienté plein ouest, il offrira une « perspective sur la ville et son histoire [château, tour Lu, canal…] ».
Dotée d'un étage, cette plate-forme accessible aux piétons et aux vélos accueillera commerces et services. L'implantation d'un hôtel y sera possible. Elle disposera, surtout, de rampes ou escalators menant à chacun des quais, lesquels seront étirés, voire élargis : « On descendra prendre son train », comme à la gare de Rennes. Dans la première phase du projet, le souterrain serait conservé et les guichets regroupés dans le bâtiment nord. La gare sud, qui bénéficiera d'ici là de nouvelles liaisons routières, serait transformée en pôle multimodal donnant un accès direct aux bus, taxis et zones de dépose-minute.
Dans une seconde phase, tous les guichets et bureaux seraient installés sur le belvédère, l'accès nord serait modifié et pourrait intégrer la station de tram (ligne 1). Le coût global du projet est estimé entre 120 et 150 millions d'euros. « Une fois la décision prise, on saura livrer en cinq ans », assure Grégoire Souchard. Les travaux dureront à eux seuls près de trois ans.