Bientôt 22 h. « Non, ça c'est un merle. » Pas ce que cherche Laurent Gouret, référent du groupe Chiros 44, jeudi dernier, dans le jardin des plantes de Nantes. Coiffé d'une lampe frontale, avec une dizaine de passionnés, il court d'arbre en arbre pour dresser l'inventaire des chauves-souris présentes : « Dans les églises et les greniers, c'est aléatoire. Elles gîtent aussi dans les vieux arbres. Vu la concentration d'insectes, on est sûr d'en trouver ici. » A Nantes, l'opération est inédite.
Onze pipistrelles
Quelques détecteurs acoustiques, dix filets de 6 m de large : les chauves-souris sont prises au piège. Elles seront démaillées avec délicatesse, emmitouflées dans un sac. Direction la station de pesage. Taille, sexe, femelle gestante ou allaitante : aucune question sans réponse. La fréquence de leurs ultrasons, la dentition des chiroptères, leurs pelage ou forme des oreilles diront tout sur leur espèce. Certaines d'entre elles sont d'ailleurs de bons bio-indicateurs. En quatre heures, les experts capturent deux oreillards et onze pipistrelles, dont une gestante, qui indique la proximité d'une colonie de reproduction. «On a aussi attrapé une grande noctule commune, chose très rare parce qu'elle chasse haut dans le ciel. Sa présence prouve la bonne qualité des arbres », explique Denis Lafage, du Conservatoire régional des rives de la Loire. « Il faudrait maintenant comparer avec d'autres parcs. » Procé et le Grand-Blottereau pourraient suivre.A.Gazeau
Créé début 2010, le groupe Chiros 44, spécialisé dans l'étude des chauves-souris, veut « répondre aux questions des personnes qui en hébergent ». On peut le contacter sur chauves souris.info44@gmail.com.