La sonnette d'alarme est tirée. Les bailleurs sociaux et les copropriétés n'ont plus que sept mois pour réaliser les premières mises aux normes de sécurité de leurs ascenseurs imposées par la loi de juillet 2003, ont rappelé hier à Nantes les constructeurs d'ascenseurs. Passé ce délai, les contrevenants s'exposeront à une amende, mais surtout à des poursuites judiciaires par des assureurs en cas d'accident. « Si une personne âgée se cassait le col du fémur à cause d'un décalage de seuil et qu'elle devait être hospitalisée, son assureur pourrait porter plainte contre la copropriété », explique Jean-Luc Detavernier, délégué général de la Fédération des ascenseurs.
Deux à trois pannes par an
Au-delà des accidents, la récurrence des pannes peut pourrir le quotidien des usagers. Chacun des 20 000 ascenseurs des Pays de la Loire sont ainsi touchés en moyenne « deux à trois fois par an ». « Certains rares sites du parc social peuvent connaître un taux de pannes dix à vingt fois supérieur, du fait d'actes de vandalisme à répétition », explique Jean-Luc Detavernier.
Une mésaventure qu'a déjà connue Josiane. A deux reprises, cette assistante maternelle de 53 ans a dû se rendre chez elle par les escaliers, avec les poussettes des enfants qu'elle gardait. Précision : Josiane habite au dixième étage de l'antique tour bleue de la rue d'Angleterre, à Malakoff, qui en compte dix-huit au total. « L'an passé, une voisine du 13e est restée bloquée entre deux étages durant toute une demi-journée, alors qu'elle partait travailler », rapporte-t-elle encore. Une exception, à en croire pourtant les ascensoristes. « Dans la grande majorité des cas, les personnes bloquées sont secourues dans l'heure, 24 heures/24 », affirme Pascal Lancelot, membre de la Fédération des ascenseurs. Pour les « rassurer » et localiser l'engin défectueux, la deuxième tranche de travaux imposés par la loi de 2003 obligera l'installation d'un système de « télé-alarme » dans tous les appareils.
« Dans les immeubles où les caves et les parkings sont condamnés pour raisons de sécurité, l'ascenseur devient le seul endroit où l'on peut cacher de la drogue ou des armes », fait par ailleurs remarquer Jean-Luc Detavernier. « Dans ces cas de figure, le technicien de maintenance n'est pas le bienvenu. Il ne peut intervenir que le matin, quand les trafiquants dorment. » Un cas de figure rarissime, qui ne concerne toutefois que « 2 % des ascenseurs », selon lui.