La main sur le cœur, il a parlé « individualisation » et « prise de conscience ». Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat à la Justice, visitait hier l'Etablissement pour mineurs (EPM) d'Orvault. Il a écouté, commenté, l'air intéressé. Comme un ministre en visite. Il a vu aussi, « ce qui va et ce qui ce va pas ». « Ce qui va ? » Une collaboration inédite entre personnel pénitentiaire et éducateurs de la Protection judiciaire de la jeunesse, et une surpopulation encore inexistante : 22 des 60 lits sont occupés…
Angles et vis-à-vis
« Ce qui ne va pas », en revanche, ce sont quelques détails architecturaux. Ils ont déjà posé question en février, quand un jeune de 16 ans s'est pendu dans un angle invisible à l'œilleton. « On doit trouver un équilibre entre intégrité et intimité, résume Dominique Lopez, directrice de l'établissement. Des réflexions sont en cours. » La disposition des bâtiments en inspirera d'autres. Conçu pour accueillir quatre filles, l'EPM s'avère incapable d'en incarcérer une seule : « Leur espace était en vis-à-vis avec celui des garçons, ça aurait été invivable, juge la directrice, qui constate aussi que seules deux mineures sont actuellement détenues dans l'ouest… « Chaque génération d'établissements tiendra compte de ce qui a été fait », conclut le ministre. Dont acte.