« C'est la confirmation de ce qu'on ressentait de façon forte. La crise que l'on vient de connaître a été très grave pour notre région. » A la lecture du bilan économique de l'année 2009 dressé hier par l'Insee, Alain Mustière, président du Conseil économique et social des Pays de la Loire (CESR), ne peut que constater les dégâts : tous les secteurs d'activité sont touchés. Même celui des services est en déclin, ce qui n'était jamais arrivé. En seulement douze mois, la région a ainsi perdu 2,2 % de ses emplois, soit 25 000 chômeurs de plus d'un coup. Les défaillances d'entreprises ont augmenté de 14 %, les chiffres d'affaires baissé de 16 %. Résultat : le taux de chômage régional atteint 8,6 % en décembre, soit son plus haut niveau depuis 1999. « Cela reste mieux que la moyenne nationale (9,6 %). Mais l'écart se réduit », constate l'Insee.
Industrie et intérim plombés
L'industrie a été, de loin, le secteur professionnel le plus pénalisé par la crise (- 4,5 %), seule sa partie agroalimentaire tirant son épingle du jeu. L'emploi intérimaire est l'autre grand perdant. Plombé par un premier trimestre catastrophique, il dégringole de 14,5 % en un an (4 000 postes supprimés), une chute bien supérieure au niveau national (- 3,6 %). « Il a servi de variable d'ajustement », explique l'Insee. Côté départements, Vendée, Sarthe et Loire-Atlantique ont le plus souffert (baisses d'effectifs entre 2,9 % et 2,6 %) du fait de leur industrie développée.
Espoirs et inquiétudes pour 2010
Pour les prochains mois, les projections restent délicates. « La hausse de l'intérim depuis janvier augure plutôt d'une reprise en 2010, mais les marchés sont incertains », relève Jean-Paul Faur, directeur régional de l'Insee. Les ventes de voitures et de petits utilitaires semblent repartir. La consommation globale des ménages, elle, stagne. « La hausse des permis de construire sur les premiers mois 2010 laisse supposer des effets positifs à partir de la fin d'année », espère-t-on à la Fédération française du bâtiment 44. « Le recours à l'épargne est un point d'inquiétude, nuance Alain Mustière. Les difficultés budgétaires des collectivités et l'impact sur les travaux publics en est un autre. Nos entreprises doivent miser sur l'innovation pour développer les produits de demain. »
Si le taux de chômage régional reste parmi les plus bas de France, cela est dû, selon l'Insee, à un « effet Pays de la Loire » (attractivité démographique et vitalité économique), mais aussi à une dépendance moindre des entreprises aux centres de décision extérieurs à la région.