En Brière, un chemin de fer tout à refaire

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Publié le 25 mai 2010.

Transports Le plus important renouvellement de voies SNCF en France depuis 2006 a lieu à Savenay

Dans le jargon cheminot, on appelle ça une « suite rapide ». Monstre d'acier long de 750 m, un « train-travaux » hors normes serpente depuis février sur les chemins de fer de la région de Savenay. « Véritable usine sur rails », dit-on à la direction de Réseau ferré de France (RFF), l'engin y renouvelle plus de 1,2 km de chemins de fer chaque jour. Une prouesse que seul l'autre prototype de « suite rapide » en France peut égaler.

Près de 143 km de rails à renouveler
De fait, cet engin exceptionnel ne peut être dépêché que sur les chantiers qui le sont tout autant. Or, celui de Savenay, qui est entré dans sa seconde phase (voir carte) en est un. « C'est notre plus important chantier de renouvellement de voies en France depuis 2006 », confirme Thierry Fromentèze, chef du projet. Quelque 140 000 traverses, 160 000 tonnes de ballast et 143 km de rails vont en effet y être changés, par quelque 500 cheminots et ouvriers d'entreprises sous-traitantes. Rien ne sera jeté pour autant : les traverses en bois vont être brûlées dans une centrale thermique en Allemagne, celles en béton vont être concassées pour être valorisées et les rails seront retraités par la SNCF ou revendus à des ferrailleurs.

Certaines traverses datent de 1951
Entre Savenay et Redon, les travaux devenaient, il est vrai, pressants. Sur cette ligne secondaire, empruntée chaque jour par 4 000 voyageurs en TER ou train Corail, la majorité des traverses ont plus de trente ans, et certaines datent de 1951. « Le matériel était à bout de souffle », convient-on à RFF. « Ce n'est pas le tronçon le plus rentable de la région, mais c'est le degré d'usure de la ligne qui les a poussés à agir : ça en dit long sur son degré d'inconfort », confirme Gérard Gautier, ancien président (1978-1998) de la FNAUT (Fédération nationale des associations d'usagers des transports) en Pays de la Loire. Bruits saccadés et secousses en tous genres étaient en effet le lot quotidien des passagers. « Des lignes comme celle-ci, anesthésiées depuis un demi-siècle, il y en a encore un paquet, se désole Gérard Gautier. Certes, leur rénovation coûte du fric, mais maintenant on est tranquilles pour au moins quarante ans ! » Une tranquillité qui aura coûté, dans le cas présent, la bagatelle de 85 millions d'euros.

Guillaume Frouin
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