Ecolo ou économe, il faut choisir. Alors que la consommation d'électricité des ménages explose depuis dix ans, l'UFC-Que Choisir a cherché à savoir si les consommateurs étaient véritablement incités à retenir des appareils peu énergivores au moment de l'achat. Pour cela, l'association a mené en mars une enquête dans 25 magasins de Loire-Atlantique. Les résultats sont accablants. Ils remettent tout d'abord en cause la pertinence de la fameuse échelle de consommation d'énergie (de A à G), que l'on retrouve apposée sur les appareils neufs. Sur 145 produits testés, aucun ne se situe sous la catégorie D. Les 78 réfrigérateurs relevés sont même tous classés entre A et A++. « Pour le client, c'est la confusion. L'échelle doit être revue afin d'être utilisée en totalité. Un A+++ n'aurait, demain, aucun sens », dénonce Hervé le Borgne, président de Que Choisir-Nantes.
Un bonus-malus réclamé à l'Etat
L'association réclame aussi la généralisation de l'étiquetage énergétique à tous les appareils, et insiste pour que des vérifications soient faites par l'Etat afin de dissuader toute triche. Autre constat, concernant les prix : moins la machine consomme, plus elle coûte cher. On pourrait alors penser que le surcoût à l'achat se compense dans le temps grâce aux économies d'électricité réalisées. A peine. « L'enquête montre qu'il faut en moyenne 8 ans pour rentabiliser le surcoût d'un frigo économe et plus de 10 ans pour un sèche-linge. Cela équivaut à leur durée de vie. L'intérêt financier est nul. » Pour orienter le consommateur vers l'achat écolo, l'association milite donc pour un système de bonus-malus mis en place par l'Etat, « similaire à ce qui a été fait récemment pour l'automobile ». « L'incitation par le prix a prouvé son efficacité », assure-t-elle. Le soutien des parlementaires du département est, dans cette optique, sollicité.F. B.