Drôle de coïncidence. Alors que la télé a négocié son virage du tout numérique, un premier pylône de Radio numérique terrestre (RNT) culmine depuis hier matin à 137 m sur le toit du Sillon de Bretagne. Un endroit mythique, d'où avaient été diffusées en 1978 les premières « radios pirates » de la région, et d'où partiront dans une semaine les premières émissions de radio numérique accessibles au public. Des récepteurs adaptés, avec lesquels il sera toujours possible de capter la bande FM, seront d'ailleurs vendus au même moment à la Fnac et dans les Darty de la région.
« Cela nous permettra de diffuser correctement jusqu'à Cholet ou Clisson, et de gommer les disparités avec les radios nationales », explique Pierre Boucard, directeur de la radio SUN et président du Groupement des radios associatives de la métropole nantaise (Gram). « Nous pourrons ainsi être jugés sur la qualité de nos programmes, et plus seulement sur un aspect technique. »
Expérimentation jusqu'à cet été
Plusieurs stations locales (Prun', Jet FM…), mais aussi régionales et nationales (HitWest, Ouï FM, RFI…) vont ainsi prendre part à cette « expérimentation », qui va durer jusqu'au milieu de l'été. Toutes veulent croire, après, à un feu vert définitif du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) au lancement de la radio numérique terrestre en France. Promis depuis des années pour remplacer la bande FM saturée, l'équivalent radiophonique de la TNT a été en effet sans cesse retardé par les réticences des grandes radios nationales. « Cela nous permet de montrer au CSA que nous sommes prêts, qu'il n'y a plus qu'à appuyer sur un bouton pour lancer la radio numérique », explique Pierre Boucard. La preuve en sera apportée dès la semaine prochaine sur l'île de Nantes, où se tiendra un congrès national de radios libres.