C'est une première en France. A la rentrée, une dizaine de crèches nantaises vont être livrées en couches textiles, lavables plus de 200 fois. Et pas de n'importe quelle manière : elles le seront en vélo-cargo électrique, sur lequel pédale déjà Ludovic Plisson. Cet ancien designer de 29 ans, qui a travaillé pour L'Oréal ou Lancôme, a en effet quitté son job à « 3000 € nets » en région parisienne pour créer Arbalange.
Même prix qu'une couche de marque
Depuis un an, cette association qui s'est installée à Nantes dans les anciennes halles Alsthom récupère les couches souillées de crèches-pilotes, jetées dans une poubelle normale au milieu d'autres déchets, comme une couche jetable. Triées, elles sont ensuite lavées par une blanchisserie de Saint-Sébastien, où travaillent des personnels handicapés. Les selles des enfants, qui compostent actuellement dans un jardin, serviront à terme au chauffage du bâtiment dédié à l'économie sociale et solidaire, qui doit voir le jour dans un an sur l'île de Nantes, par le biais de leur « méthanisation ».
Ecolo-solidaire de A à Z, Arbalange a aussi prévu en septembre de troquer ses couches importées des Etats-Unis pour d'autres, fabriquées en coton biologique par une coopérative du Finistère. « Elles ne sont pas plus chères qu'une couche jetable de marque », insiste Ludovic Plisson. Une fois usées, elles seront même transformées en matériau d'isolation par Emmaüs. « Chaque jour, 16 000 couches jetables partent à la poubelle dans les crèches de Nantes, et 200 000 chez les particuliers », explique cet homme marié, sans enfant. « Il était essentiel de sensibiliser les professionnels de la petite enfance, qui sont prescripteurs dans ce domaine, avant les parents. »