Chef du service des urgences au CHU de Nantes, le Pr Gilles Potel ne garde pas un très bon souvenir du premier « apéro Facebook » organisé place Royale. Pas moins de trente-huit fêtards avaient en effet été hospitalisés le soir du 10 novembre. Entretien.
Comment appréhendez-vous
ce nouvel « apéro géant » ?
Le mot est juste, on appréhende cette soirée. On n'est pas contre la fête, mais contre les abus de la fête : sur plusieurs milliers de personnes, il y en a toujours une centaine qui ont un comportement pathologique avec l'alcool… Or, les urgences ne sont pas faites pour régler les problèmes de beuverie excessive.
Avez-vous prévu une organisation spécifique pour cette nuit ?
On n'avait pas d'autre choix, car le service ne peut se permettre d'être désorganisé. Nous travaillons donc en collaboration avec les pompiers et la sécurité civile, qui auront des lieux de dégrisement dans la ville. Pour les personnes dont l'état nécessite une hospitalisation, un accueil médical sera prévu ici, aux urgences. On a dû faire revenir exprès des personnels en congés : deux médecins supplémentaires, une aide-soignante et une infirmière y seront dédiés. Mais je préviens : dès qu'un patient se montrera violent, je le ferai aussitôt déférer au commissariat de police Waldeck-Rousseau.
Pensez-vous qu'il faille interdire
ce genre d'événements ?
On est dans une société pas toujours drôle, où il y a suffisamment d'interdits pour en rajouter un supplémentaire… Mais, si on doit constater qu'à chaque manifestation de ce type il y a des abus, alors peut-être va-t-il falloir y venir. Il ne faut pas en effet oublier les dangers que fait courir l'alcoolisation excessive : le premier d'entre eux, c'est le coma éthylique, où le risque vital est immédiat.