Leur prof de français n'est autre que Brigitte Ayrault, la femme du député-maire (PS) de Nantes. Une cinquantaine d'élèves du collège Ernest-Renan, situé en ZEP à Bellevue, ont pris part de façon singulière hier à la pose de la première pierre du futur Mémorial à l'abolition de l'esclavage, qui sera livré en septembre 2011 entre le pont Anne-de-Bretagne et la passerelle Victor-Schoelcher. Ils y ont déclamé plusieurs textes en slam, qui parlaient de l'esclavage du XVIIIe siècle, mais aussi de celui des enfants dans le monde d'aujourd'hui. « Je voulais que ça ne reste pas trop conceptuel chez eux », explique Brigitte Ayrault. « Cela leur a permis de voir que certains jeunes de leur âge sont dans une misère bien plus profonde que la leur. »
Rencontre avec Christiane Taubira
Le projet, mené tout au long de l'année, « tenait à cœur » à l'épouse du député-maire, qui prend sa retraite en juin après trente-quatre ans passés dans ce collège de ZEP. Il a ainsi conduit ses élèves au musée du château des Ducs, où la traite négrière – qui fit une partie de la fortune de Nantes au XVIIIe siècle – est évoquée. Avec leur prof de musique, ils ont également pu s'intéresser à l'origine des « negro-spirituals », des gospels et du blues. « Avant, je n'avais pas conscience que l'esclavage avait pu exister à cette ampleur-là », confie Anrifachadi, 13 ans, élève de 4e, originaire de Mayotte. Mais le projet n'est pas terminé pour lui et sa classe. Le 22 juin, ils rencontreront à l'Assemblée nationale Christiane Taubira, le rapporteur de la loi reconnaissant l'esclavage humain comme crime contre l'humanité. Ils assisteront aussi à la séance des « questions d'actualité »… à l'invitation du mari de leur prof de français.