Rue du Général-Buat, boulevard Victor-Hugo, boulevard Allard… Pour quiconque pratique régulièrement le vélo, ces axes peuvent être considérés comme des « zones noires ». Tous ont en commun d'accueillir un très grand nombre de stationnements dits « en épis ». Mais ce type d'aménagement, créé pour pouvoir garer davantage de voitures sur un espace limité, les cyclistes nantais sont de plus en plus nombreux à s'en plaindre, en raison de sa dangerosité.
Consciente du problème, qu'elle dénonce depuis déjà plusieurs années, l'association Place au vélo (un millier d'adhérents) a elle aussi exprimé ouvertement son ras-le-bol dans son dernier bulletin. « Le stationnement en épis oblige toutes les voitures qui ne sont pas de petite taille à déborder sur la piste cyclable, explique Marc Peroy, secrétaire de l'association. Pour les vélos, le danger est double : ils doivent faire un écart vers le flux de circulation pour sortir de la piste, et ils sont exposés aux sorties de stationnement sans visibilité des véhicules. » Plus d'une quinzaine d'axes sont concernés à Nantes. Il s'agit de boulevards de ceinture pour la plupart.
Suppression progressive annoncée
Pour Place au vélo, la seule solution est de « transformer toutes les épis en stationnement longitudinal ». La communauté urbaine n'y est pas opposée. Mais cela prendra du temps. « Les secteurs concernés seront systématiquement réaménagés en ce sens, au coup par coup, prévient Jacques Garreau, vice-président de Nantes Métropole. Ce type de travaux coûte cher et nous faisons face à des difficultés d'investissement. Il faut aussi tenir compte des besoins des quartiers. Souvent, on perd de la place automobile. Il faut alors dialoguer avec les commerçants et les riverains. Je promets en tout cas que la route de Paris sera traitée avant 2013. »
« La réponse de Nantes Métropole est beaucoup trop timide, c'est sans attendre qu'il faut agir s'il y a vraiment une volonté de développer la pratique du vélo dans l'agglomération, juge Place au vélo. Réaménager au cas par cas, en consultant les riverains, cela s'annonce compliqué. Si l'on n'impose pas, on n'y arrivera pas. En attendant, il faudrait au moins verbaliser les véhicules qui débordent. C'est prévu par la loi, mais ce n'est jamais appliqué. » Et de conclure, un brin fataliste :« Entre les voitures et les cyclistes, il y aura forcément un perdant dans cette affaire. »
C'était l'un des engagements du nouveau plan vélo de Nantes Métropole. Près de 5 000 appuis-vélos de plein air vont être installés cet été dans l'agglomération, à Nantes en particulier, pour remédier aux difficultés de stationnement des cyclistes. Environ 500 places sécurisées sont aussi en cours de création dans les parkings souterrains NGE. Le service coûte 0,80 € la journée, 8 € le mois ou 30 € à l'année. Un forfait proposant, en plus, un entretien régulier est à 49 € par an.