Ils sont plantés là, devant le conseil général, depuis maintenant dix-huit mois. Chaque jour, de 8 h à 18 h, ces opposants au futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes se relaient pour « interpeller l'opinion » et demander aux élus de « bien réfléchir ». Plus de 400 personnes, souvent anonymes, parfois célèbres, se sont succédé sur le trottoir nantais. Mercredi prochain, pourtant, il n'y aura personne. Les anti-aéroport ont en effet prévu d'investir un autre trottoir, plus prestigieux : celui de l'assemblée nationale à Paris. Ce jour-là, dans l'hémicycle, les députés doivent examiner le projet de loi Grenelle II sur l'environnement. Un texte « incompatible avec la construction d'un nouvel aéroport dans l'ouest de la France », entend faire savoir la coordination d'opposants.
Combat loin d'être terminé
« On va détériorer une biodiversité et une agriculture importante, dénonce Michel Tarin, de Solidarités écologie. Et puis personne ne s'est encore penché sérieusement sur les alternatives possibles. Il faut une étude indépendante. En modernisant les structures et en étoffant le personnel, Nantes-Atlantique nous paraît en capacité d'accueillir un trafic bien supérieur ». En parallèle de leur action parisienne, les opposants ont également écrit cette semaine au ministre de l'écologie pour solliciter une rencontre. « On veut qu'il vienne sur place voir la réalité. Il ne s'est jamais déplacé. » Jean-Louis Borloo doit choisir avant l'été le concessionnaire qui construira et exploitera la future plateforme. « Ce ne sera pas la fin du combat, prévient Gilles Denigot, conseiller général [Verts]. Au contraire, le dossier sera alors attaquable juridiquement. Le problème du financement fera surface. Nous pourrons encore agir. »