Le breton, dès la petite section. Seule école publique nantaise à proposer une filière franco-bretonne dite « Div Yezh » (deux langues), l'école des Marsauderies, quartier de la Haluchère, connait un succès grandissant. Une réussite qui se traduira dès la rentrée prochaine par l'ouverture d'une nouvelle section bilingue dans un établissement proche, celui des Batignolles. « C'est une excellente décision, estime Alain Faucheux, instituteur aux Marsauderies. Les deux écoles pourront ainsi remplir une classe entière au collège Rutigliano, l'unique collège nantais permettant de poursuivre le breton ».
La parité français-breton
Chaque année, l'école des Marsauderies voit ses effectifs augmenter en moyenne de 10 % , « aujourd'hui, cela représente trois classes en maternelle et quatre en primaire », explique l'instituteur. Les secrets de cette réussite ? « Ici on sort du cadre d'apprentissage classique, on apprend une nouvelle langue sans s'en rendre compte, dès le plus jeune âge ». En ce qui concerne l'enseignement, « les cours sont les mêmes que dans les autres classes, mis à part la parité français-breton et un apport d'éléments d'histoire et de culture bretonne », résume Alain Faucheux. Et lorsque qu'on interroge les parents sur les raisons de leur enthousiasme, c'est surtout « l'ouverture à une nouvelle langue » qui prime. Pour Thierry, parent de Mérine en CP, l'apprentissage du breton est un moyen « d'ouvrir l'oreille à d'autres sonorités et de faciliter ensuite l'apprentissage de l'anglais, de l'allemand… ». Catherine, originaire des Côtes d'Armor, avance la volonté de « ramener un goût de breton » dans l'éducation de son fils. Aujourd'hui, les bretonnants sont de moins en moins nombreux, environ 250 000 en France.Benjamin Rullier