Maurice Thareau est « déçu ». Forcément. Président du comité de soutien à Loïc Sécher, il espérait que la cour de révision annule purement et simplement la condamnation de l'ouvrier agricole, sans autre forme de procès. « Il semblerait que la justice ait quand même énormément de peine à reconnaître ses erreurs », soupire-t-il. C'est dans un bar de Varades qu'il a appris la décision, par un coup de fil de Jean-Pierre Chesné, un autre membre du comité monté à Paris pour l'occasion. Maurice Thareau était alors entouré des parents de l'accusé. « Il n'y a rien de fait, je suis fatiguée, usée », a réagi Marie Sécher, âgée de 73 ans. « On sera morts avant que ce soit fini, ils vont nous emmener au tombeau. »
Interdit d'habiter dans la région
Loïc Sécher ne pourra d'ailleurs pas retrouver tout de suite la région d'Ancenis : son contrôle judiciaire lui interdit toute présence en Loire-Atlantique, Ille-et-Vilaine, Maine-et-Loire et Vendée. Il lui faudra donc habiter ailleurs d'ici à son nouveau procès, qui pourrait avoir lieu au printemps 2011. D'ici là, Loïc Sécher « aspire à un repos psychologique mérité ». « J'ai passé 2 650 jours de détention, je veux que ma vie puisse se poser dans les meilleures conditions », a-t-il déclaré hier soir, à sa sortie de prison. Un peu plus tôt, en gare de Nantes, où deux gendarmes le raccompagnaient au centre de détention prendre ses affaires et signer diverses formalités, il avait aussi eu un mot pour sa prétendue « victime ». « Emilie, elle est comme moi : elle doit être contente que je sois libéré. »