Une décision rarissime. La cour de révision a annulé hier la condamnation de Loïc Sécher, qui avait écopé en 2003 de seize ans de réclusion criminelle pour le viol d'une adolescente, qu'il a toujours nié. Emilie, 13 ans à l'époque, s'est rétractée depuis : dans un courrier adressé en avril 2008 au parquet général de Rennes, la jeune femme avait dit que l'ouvrier agricole de La Chapelle-Saint-Sauveur, près d'Ancenis, était « innocent et qu'elle ne supportait plus de le savoir en prison », selon son avocate.
La cour de révision a donc ordonné hier la remise en liberté immédiate de Loïc Sécher, incarcéré depuis sept ans au centre de détention de Nantes. L'homme, qui en est sorti hier soir, a toutefois été placé sous contrôle judiciaire. Il devra en effet être rejugé, lors d'un troisième procès devant une cour d'assises à Paris.
Une « victime » au discours variable
Si les rétractations de l'adolescente demeurent « un élément nouveau susceptible de faire naître un doute sur la culpabilité » de Loïc Sécher, il reste en effet des éléments à charge, selon la justice : les confidences d'Emilie à ses professeurs, son changement brutal d'attitude à l'époque des faits ou la crédibilité accordée à ses déclarations par les experts. Problème : l'adolescente, fragile psychologiquement, est coutumière d'affabulations. Elle a ainsi changé de version à plusieurs reprises au cours de l'instruction, et a accusé d'autres hommes de l'avoir agressée sexuellement.
Marc Machin, condamné à 18 ans de réclusion pour un meurtre près de Paris revendiqué ensuite par un autre, a été blanchi hier en même temps que Loïc Sécher. Mais il est resté en prison, pour une toute autre affaire d'agressions sexuelles.