« Vraiment ? Ce n'est pas une blague? Parce que si ça en est une, elle n'est vraiment pas trop drôle… » En apprenant la nouvelle ce week-end, les usagers des transports en commun nantais semblaient partagés entre stupéfaction, dépit et colère. Car après la spectaculaire hausse des tarifs Tan (12 % de moyenne) de juillet dernier, c'est une nouvelle augmentation, certes plus modérée (+ 2,6 %), qui a été votée vendredi par les élus de Nantes métropole. Celle-ci prendra effet au 1er juillet et concernera tous les titres, exceptés le ticket unitaire et la navette aéroport. Le ticket 24 heures passera ainsi à 4,20 €, le carnet de dix à 12,30 €, le billet mensuel à 49,90 €, et le pass annuel à 480 €.
Incompréhension et ras-le-bol
La hausse tarifaire est motivée par les investissements « nécessaires à la qualité du service » et par les importants besoins d'entretien du réseau tramway. Elle vise aussi à maintenir la gratuité pour les usagers en difficulté sociale (chômage, etc.). Des arguments qui ontpourtant bien du mal à trouver oreille compréhensive. « Il y en a vraiment marre, peste Carole, abonnée. On nous prend pour des vaches à lait. Et après on va nous parler de développement durable tout le reste de l'année ! » « Ça n'encourage pas à abandonner sa voiture pour venir en ville. Pas étonnant que les galeries marchandes fassent le plein », grince Michel, usager régulier. Olivier, lui, ne comprend pas. « Le tram et le busway sont bondés aux heures de pointe. Le projet de ligne 5 de tram est abandonné. Où est l'amélioration ? ». « C'est rageant mais que voulez-vous qu'on fasse ? s'interroge Morgan. On ne va pas arrêter de se déplacer ! Ça, les politiques l'ont bien compris…»
«L'augmentation est modérée et elle tient compte d'une amélioration sensible de l'offre dans les communes», estime Jean-François Retière, vice-président PS de Nantes métropole. Un avis que ne partage pas Julien Bainvel, conseiller municipal nantais UMP. « La vérité c'est que la métropole a besoin d'argent et que les transports en commun sont un levier important. D'autres hausses suivront ces prochaines années. Cela nous amènera à une croissance totale de 20 % à la fin du mandat. »« Soit on augmente les tarifs, soit on augmente les impôts, soit on réduit le service. D'ici 2013, sept lignes de Chronobus devraient voir le jour. La hausse des tarifs est une contrepartie logique », avance le député Vert François de Rugy.