Le 12 décembre 1999, la marée noire provoquée par le naufrage du pétrolier Erika, avait souillé 4 000 km de côtes atlantiques et quelque 150 000 oiseaux. Plus de dix ans plus tard, la cour d'appel de Paris rendra aujourd'hui sa décision quant aux responsabilités de la catastrophe. En première instance, Total (affréteur du navire), la société de classification Rina, l'armateur Giuseppe Savarese et son gestionnaire, Antonio Pollara, avaient été reconnus coupables du délit de pollution. Ils avaient écopé de l'amende maximale : 375 000 € pour les personnes morales, 75 000 pour les personnes physiques. Tous ont clamé leur innocence durant les sept semaines du procès en appel, qui s'est achevé le 18 novembre. Le parquet général a pourtant réclamé la confirmation de ces peines.
La décision d'aujourd'hui sera également lourde de conséquences sur le volet civil. Le jugement de première instance avait en effet reconnu un préjudice écologique pour le Morbihan et la Ligue de protection des oiseaux (LPO). D'autres collectivités, comme la région Pays de la Loire ou la ville de Saint-Nazaire, prétendent à une indemnisation à ce titre. Les coprévenus avaient été condamnés en première instance à verser 192 millions d'euros d'indemnités à une centaine de parties civiles. Une majorité d'entre elles, dont le conseil général de Loire-Atlantique, ont préféré accepter l'argent et ne pas faire appel. F. B.