On n'attrape pas les mouches avec du vinaigre. Malgré la récente annonce par la ville de sa politique de « proximité culturelle », les petits lieux de diffusion restent sur leurs gardes. « On sent l'envie d'avancer, concède Mathilde Moreau, à la Compagnie du café théâtre. Mais il est temps que les choses bougent réellement. » Le reproche est connu : la ville de Nantes privilégierait les grosses locomotives (Royal de Luxe, Estuaire) au détriment de structures plus modestes. Une culture « paillettes » en somme, plutôt qu'une vraie politique de proximité.
« La ville n'a pas d'humour »
Avec ce plan, six salles de spectacles – Scène Michelet, Cabanier, TNT, Théâtre du cyclope, Compagnie du café théâtre et Théâtre de poche –, ainsi que cinq galeries associatives – Confluence, RDV, Zoo galerie, Rayon vert et Salon – vont bénéficier d'un soutien financier accru. A condition de répondre à des critères comme la promotion des artistes locaux ou la sensibilisation du jeune public. « Notre ambition est de faire vivre la culture là où elle naît », explique-t-on à la mairie. La ville envisage ainsi de revaloriser de 5 000 € le budget alloué aux galeries : « On est content que notre travail soit pris en compte, explique Jean-François Courtilat, à RDV. On a le même discours, on espère qu'il sera suivi d'actes. »
Du côté du spectacle vivant, les subventions globales devraient augmenter de 16 000 €. « C'est très bien, se réjouit Daphné Gaudefroy, du Cabanier. Cela nous permettra de pérenniser un poste et de garantir une rémunération fixe aux artistes. » D'autres, en revanche, sont moins laudatifs. « La ville parle des petits lieux, mais depuis quatorze ans, je n'ai jamais vu personne, s'indigne Mathilde Moreau. Je les attends, qu'ils voient si je mérite plus ou moins que la subvention ridicule qu'ils m'attribuent. » Pour Reda Kouidri, au Théâtre de poche, il est évident que « la ville se cherche. Elle essaye de récupérer son prestige des années 1990. Mais tout cela semble très vague. »
Second volet de la politique de proximité culturelle, la création partagée vise à faire travailler ensemble des artistes et des habitants, notamment ceux qui sont les plus éloignés de l'offre culturelle. L'an dernier, le photographe Arnaud Theval a ainsi mobilisé onze associations de quartier autour de son projet d'identité urbaine. Le dispositif peut être initié par une subvention ou une commande publique. Treize projets vont être financés dans les quartiers cette année.