« C'est incroyable », glisse un vieil homme devant l'ampleur de la défaite. A l'annonce des résultats, hier soir au QG de l'UMP, place Dumoustier, seule une poignée de militants scrute l'écran de télé. Les autres bavardent, préférant railler « l'alliance hypocrite entre écologistes et socialistes », sûrs que la défaite était acquise depuis longtemps. « On a fait du porte-à-porte toute la semaine, témoigne une militante de 75 ans. On a bien senti que les gens n'étaient pas contents de la politique de Nicolas Sarkozy. »
« Il nous a manqué la frange droite »
57 % pour la liste Auxiette, 42 % pour celle conduite par Béchu : à 20 h 10, les premiers chiffres en laissent certains abasourdis. « La défaite comme le score font mal, lâche Pierre, 20 ans. On est loin du coude-à-coude. » Alors que les minutes passent, les scrutateurs, de retour des bureaux de vote, viennent grossir un peu les rangs. Déjà, certains devisent sur les raisons de cet échec. « Il nous a manqué la frange à droite de l'UMP, analyse Jean, 68 ans. Elle ne s'est pas déplacée. » Michel, 75 ans, se console en prédisant le pire à l'alliance rose et verte, qui « a tant fait étalage de ses mésententes ». Mais n'oublie pas de balayer à sa porte. « Maintenant, il faut agir autrement », ironise-t-il en allusion au slogan « Agir vraiment » de Christophe Béchu.